‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 146 sur 274 · Lubomirski persécuté · texte numérisé non relu

Lubomirski persécuté

La reine et le chancelier , Nicolas Prazraovski , alors évèque de Luck , réussirent par leurs intrigues à susciter contre Lubomirski, la # fausse accusation d'avoir le projet d'abroger la royauté et de se déclarer lui-même protecteur de la république. Bien que cette invention fut dénuée de toute vraisemblance, cependant Lubomirski, cité devant la diète,

POLOGNE EN DÉCADENCE

en iftô4, par l'influence de la reine et de l'évêque, fut condamné par contumace à perdre ses biens, ses dignités et sa vie. Le roi se hâta de nommer aux charges de maréchal et de hetman-de-camp, charges devenues vacantes, Jean-Clément Branicki, mais celuî^cicrut indignede profiter de cette injustice et de tirer avantage du tort qu'on faisait éprouver à un autre, et il repoussa le bâton de maréchal qu'on lui offrait;. Jean Sobieski ne se montra pas aussi scrupuleux et l'accepta. Etienne Czarniecki, qui avait déployé le caractère d'un héros dans la défense de son pays, homme désintéressé mais brusque, sévère et se laissant quelquefois diriger par les passions, étant mal disposé envers Lubomirskr, ne dédaigna pas non plus le bâton de hetman - de - camp qui lui fut conféré. En effet, d'une famille noble mais pauvre, malgré les importants services qu'elle avait rendus, il n'obtint point pendant toute sa vie de hautes dignités, et celle de hetmande-camp lui arriva sur son lit de mort. Jean Sobieski reçut encore après lui le bâton de hetman-de-camp et, protégé par l'amitié de Prazmovski, avec lequel il était très-lié, 11 devint bientôt grajid-hetman.

Lubomirski, répondant à l'appel de la noblesse de la grande Pologne, revint bientôt de la Silésie où il s'était retiré. Cette noblesse se déclara en sa faveur et prit les armes pour lui. Son parti s'était augmenté depuis que le roi avait manqué aux promesses qu'il avait faites ; afin de calmer l'orage (55), et quoique l'armée du roi fut plus de deux fois

(55) Pendant celte guerrecivile, Jean-Kasimir, campé prés de Rava, voulant se distraire» alla avec la reine chez un certain Sulkovski qui avait chez lui plusieurs militaires, entre autres un officier nommé Pasek qui raconte celte visite inattendue dans ses mémoires, publiés pour la première l'ois à Posen, en 1837. Lorsque le roi entrait dans la cour, la maîtresse de la maison, Sulkovska, demanda à Pasek : Mon cher, montrez-moi où est le roi, car je ne le connais .pas; on dit qu'il s'habille en Allemand, mais je vois plusieurs Allemands, où est-il? » Pasek lui indiqua le cheval sur lequel le roi était monté; alors Sulkovska, court au devant du roi, se jette à genoux devant le cheval,et, arrêtant la mar-

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