Guerre civile
aussi nombreuse que celle de Lubomirski, ce dernier, remporta, en 1666, une victoire près de Montvy. Comme s'il n'avait pas suffi à la malheureuse république de supporter des revers de la part des ennemis extérieurs, il fallait encore qu'elle perdît,dans cette lutte entre le roi et lanoblesse, plus de dix mille hommes. La paix étant conclue à Lengonicé, le roi rendit à Lubomirski ses biens et son honneur. Celui-ci fit acte de soumission et craignant quelque nouveau piège, se retira en Silésie, où bientôt après il mourut. La diète ratifia cet accord de Lengonicé et Ton y confirma aussi le droit de l'élection du roi. La reine affligée du mauvais résultat de ses intrigues, mourut (56). Mais la discorde entre les hommes distingués de la république ne discontinua pas.
cheduroi, se met a vociférer : «Juste Dieu! si tu as jamais puni dos rois, mauvais, injustes, usurpateurs, oppresseurs, ceux qui font répandre le sang innocent, daigne aujourd'hui montrer ta Justice sur le roi Jean- Kasimir; que la foudre l'emporte, que la terre le dévore vivant, que la première balle l'abatte; que tous les fléaux du roi Pharaon l'atteignent, pour tous les maux que nous souffrons, nous pauvres gens et notre royaume. » C'est en vain que le mari s'efforça de lui fermer la bouche, elle élevait d'autant plus sa voix et criait de toutes ses forces. Le roi tourna bride pour s'en aller. Sulkovski court après lui. le supplie, veut le retenir par son éirier. Le roi lui réplique: « En aucune manière, tu as une méchante femme ; je ne veux pas. Je ne veux pas. » Et il repartit disant aussi à la reine qui le suivait dans son carrosse : « Retourne, nous n'avons rien à faire ici. » De retour à Rava, la reine était en colère et le roi riait de cette mésaventure. La reine répétait qu'elle voudrait écraser la femme Sulkovska, et le roi répondait qu'il fallait la laisser, qu'au moins ceux qui souffrent pussent avoir la satisfaction d'eu parler et de se plaindre. « Mais au nom de Dieu, ajouta-t-i), qu'on avise Lubomircki de se réconcilier avec nous, car à raison de celle guerre, la confusion nous poursuit même de la part des femmes. Sulkovska, de son côlé, était si résolue, qu'elle arriva le lendemain à Rava t demandant une audience au roi qui ne la lui refusa point aGn d'apprendre quel grief particulier elle avait, cl pour la satisfaire [Mémoires de Pasek, an 1665, p. 192, 193J.
(56) Le lundi après Pâques, 1666, à la féte des noces de Krasioski, fils du trésorier de la couronne, assistait le roi Jcan-Kasimir. La reine, chagrinée de la uon réussite de son projet, se trouvant depuis quelque
182 POLOGNE EN DÉCADENCE