‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 175 sur 274 · Tranquillité, industrie, administration · texte numérisé non relu

Tranquillité, industrie, administration

Depuis la chute de la confédération de Bar et la fin de la diète de délégation, on jouit d'une tranquillité parfaite. Mais bien que les troupes de la Russie eussent évacué la Pologne, cette puissance y exerçait toujours son influence, à toi point qu'on ne pouvait rien se permettre sans son

autorisation. Elle surveillait particulièrement la constitution, tout ce qui tenait à la politique, et les intérêts de quelques individus qui lui étaient voués. Elle laissait du reste à la Pologne la liberté entière de faire tout ce qui lui paraissait utile à l'amélioration et au bien-être du pays. Diverses entreprises se formèrent pour relever le commerce, l'industrie et l'agriculture ; on créa des banques , on négocia et l'on spécula dans le commerce. Le canal d'Oginski et celui de Mucbaviec étaient creusés ; les fabriques s'élevaient, le nombre des artisans augmentait. Le trésorier Tyrenhaus établissait en Litvanic d'importantes manufactures. Plusieurs grands seigneurs assuraient à leurs sujets, c'est-àdireaux paysans, la propriété, les émancipaient, amélioraient ainsi leur état et garantissaient leur liberté. Ce bon exemple donné à la noblesse pouvait contribuer beaucoup à la prospérité du pays : mais il était difficile de triompber des préjugés aussi rapidement. On sentit le besoin d'une législation; le projet en fut rédigé par André Zamoïski, homme de grand mérite, citoyen vertueux, et d'une probité irréprochable. 11 se trouva cependant des envieux qui , dans la diète, à laquelle le projet fut présenté, parvinrent à le faire rejeter sans qu'on le discutât. L'opposition élevée contre lui provenait en grande partie de ce qu'il voulait que les paysans fussent régis par les mêmes lois que les nobles leurs maîtres.

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