‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 176 sur 274 · Lumières. Mœura · texte numérisé non relu

Lumières. Mœura

Peu à peu les préjugés s'affaiblissaient ; les superstitions devenaient l'objet du ridicule; les lumières se répandaient dans la nation. 11 élait facile de voir, sous certains égards, l'amélioration des mœurs. Les excès dans la boisson devenaient plus rares, on évitait les rixes et les bravades. Dans les manières en était plus facile, plus dégagé, moins sévère. Les hommes âgés n'exigeaient plus des jeunes gens cette soumission extravagante qui gênait excessivement, ils se contentaient du respect que tout homme âgé est on droit d'attendre de la jeunesse. Dans les cercles, des manières plus élégantes se joignaient à l'antique gravité et à Turba-

POLOGNE EN DÉCADENCE

nité nationale et républicaine. On remarquait que les mœurs françaises ne cessaient de produire sur la nation une trèsgrande influence. L'ancien costume polonais n'était déjà plus de mode; on voyait un plus grand nombre de redingotes ou surtouts et d'habits à la française, moins lourdsque ceux dont on faisait usage auparavant. Les femme? négligeaient les jupes à baleines et les robes énormes; elles adoptaient des modes plus légères , plus commodes et plus agréables. On s'attachait davantage au simple et au naturel. On mettait plus d'importance à meubler les appartements. Sur les meubles d'une construction plus simple , on voyait moins de fleurs (te fantaisies et d'incrustations qu'auparavant : les plus élégants étaient en acajou. Avec les modes françaises, les voitures changèrent aussi de forme; la garniture, la construction , les ressorts , ayant été perfectionnés, rendirent plus commodes les carrosses , les calèches, les carioles. On pouvait déjà se procurer une voiture beaucoup plus facilement, aussi l'usage en devint-il plus général. Stanislav-Auguste lui-même et les hommes qui fréquentaient sa cour contribuèrent à toutes ces améliorations et au perfectionnement du goût.

Page 1