Nouvelles légions au service de la France
Les Polonais sans se décourager par tant de revers, formèrent de nouvelles légions, non plus en Italie, mais en France î et cela, par suite des événements que nous allons indiquer. Pendant que la fortune semblait vouloir aban-
CINQUIÈME PÉRIODE, DE 1795 A 1807. 2 il
donner les Français, et qu'ils éprouvaient des échees dans presque toutes les batailles, Bonaparte et une partie des forces républicaines étaient en Egypte. Rappelé en secret, il devait prendre le commandement d'un corps de résene, qu'on s'occupait d'organiser; mais avant de se mettre à la tète de cette nouvelle armée, ij renversa avec ses baïonnettes le gouvernement républicain, dans la journée du 9 novembre (18 brumaire) 1799; il établit le consulat et se lit proclamer premier consul. 11 fit rapporter la loi qui défendait à la France d'avoir à sa solde des troupes étrangères, et autorisa la formation de nouvelles légions. Les débris de celles qui avaient péri en Italie, réunis à Marseille, devinrent le noyau de la légion principale sous le commandement du général Dombrovski. On en détacha une partie pour composer la légion du Danube, dont on donna le commandement au générai Rniazievicz. Leurs rangs s étant remplis en peu de temps, elles prirent part à la campagne qui venait de commencer, quand, après la défaite des Russes, Bonaparte gagna la célèbre bataille de Marengo, en ouvrant ainsi à Dombrovski, le chemin à travers l'Italie, tandis que Kniazievicz, avec la grande armée de Moreau, se dirigeait vers Vienne par la Haute-Allemagne. On conçut de grandes espérances, fondées sur les nouveaux succès de la France et l'on s'attendait cette fois, au moins, à voir la cause nationale se relever à l'aide des secours étrangers. Le général Dombrovski traçait, à travers la Bohème et la Moravie, la route de Pologne, mais ces flatteuses espérances s'évanouirent comme tant d'autres. Le traité de paix, signé à Lunéville le 26 janvier 1801, ne contenait aucun article relatif à la Pologne.