‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 206 sur 274 · Politique de l'empereur Alexandre. Envahissement · texte numérisé non relu

Politique de l'empereur Alexandre. Envahissement

de la Pologne.

Depuis la chute de Napoléon, la politique de l'empereur Alexandre concernant la Pologne pouvait se développer sans obstacles. Dans les premières années de son règne, il se

ROYAUME DE POLOGNE

fit connaître par la protection qu'il accorda aux lettres et à toutes sortes d'améliorations sociales, et grâce à ses soins, les sciences firent de grands progrès en Russie. Quand le sort des armes le fit de nouveau l'arbitre des destinées de la Pologne, on espérait qu'il continuerait à l'égard de ce pavs le même système libéral qu'il avait adopté en montant sur le trône. Après avoir recouvré la Litvanie, Alexandre signa à \ ilna, le 24 décembre 1812, une amnistie générale pour tous feux qui avaient embrassé la cause de Napoléon, et après avoir occupé Varsovie et tout le duché, il conserva l'administration locale, et en confia la direction au prince Xavier Lubecki et à d'autres Polonais, soumis à la surveillance des Rosées (14). L'armée polonaise ayant été laissée à la disposition de l'empereur Alexandre, il lui permit de retourner dans son pays, les armes à la main. Le général Vincent Krasinski ramena à Varsovie les débris de cette armée, et quand elle y fut arrivée, elle passa sous les ordres du grandduc Constantin, ce qui était encore une preuve de la haute faveur d'Alexandre. Le prince Adam Czartoryski , ancien ministre et sénateur russe, possédant toujours l'estime et la confiance de l'empereur, ne tarda pasà arrivera Varsovie. Le grand-duc et lui commencèrent à manœuvrer chacun selon ses vues, l'un dans l'armée, l'autre auprès des citoyens les plus influents, dans le but de préparer et gagner les esprits aux projets d'Alexandre et pour provoquer quelque manifestation en sa faveur. Le grand-duc Constantin éprouva dans cette tâche de grandes difficultés, car les militaires qui n'avaient p as cessé d'être citoyens polonais, en voulant maintenir les droits de la nation, proposèrent de former une confédération pour en réunir toutes les anciennes parties, avant qu'il pût être question de choisir un roi ou d'opérer une réforme militaire. Le grand-duc ayant mis de côté toutes les considérations qui touchaient de si près aux plus chers intérêts de la nation , parvint à réorganiser l'armée à si

(14) Ils composaient un conseil suprême ou gouvernement provisoire présidé par un russe, Lanetzkoï. Plusieurs voilures russes furent expédiées de Pélcrsbourg pour placer des surveillants dans tous les départements de l'admiuisiraliou.

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