Clergé
11 y a cinq cents ans, que le clergé contribua puissamment à sauver la Pologne, et à conserver sa nationalité. La patrie attend encore de lui le même service. Le clergé national sut toujours maintenir les libertés de l'église polonaise et les réunir auxdevoirs civiques. La soumission servile de quelques membres puissants du clergé à la cour de Rome, l'égarement de quelques autres, infidèles à la cause nationale, n'empêchaient jamais la voix patriotique de se faire entendre à ceux des fils de la Pologne qui portent la soutane ou le froc. Aussi, dans la révolution de novembre, les ministres de l'autel, tant catholiques latins que grec-unis, ont-ils donné des preuves du plus sublime dévoûmcnt. Ces hommes vénérables, interprètes de la parole divine, diront un jour au peuple : lève-toi! et le peuple se lèvera. En Ukraine, comme dans deux autres provinces russiennes, et dans une partie de la Litvanie, le clergé du rit grec non-uni est en majorité dans les campagnes. Les prêtres de cette communion demeurent sous la dépendance absolue du tzar de Moskovie , qui , pour étendre sa domination jusque sur les consciences de ses sujets, se proclame chef de l'église grecque, la gouverne arbitrairement, sans aucun égard pourladignité du sacerdoce, et foule aux pieds toutes les lois divines et humaines. Or, à côté des prêtres patriotes, on en voit en Pologne un grand nombre d'autres qui, asservis à la volonté de leur maître, et devenus les instruments aveugles de son despotisme, sont regardés comme des ennemis déclarés de la liberté et de l'indépendance de leur patrie. Si ces hommes égarés voulaient se rappeler les anciennes franchises de l'église de Kiiov, l'ancienne indépendance de cette métropole et de l'église russienne, ils rejetteraient à coup sûr la doctrine avilissante du tzarisme, que le tzar leur a imposée,
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et, loin de s'opposer aux vœux du peuple de leur religion, ils seraient les premiers à l'appeler à la liberté, et à l'engager à s'unir aux Polonais, pour la réconquérir. Quelques-uns d'entre eux pénétrés de la dignité de leur ministère, sont sincèrement dévoués à la cause nationale» comme les dignes enfants du pays qui les a vu naître, il faut espérer que les autres comprendront aussi ce qu'ils doivent à l'humanité et à leur pays.