‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 258 sur 274 · Illusions de Czartoryski dissipées · texte numérisé non relu

Illusions de Czartoryski dissipées

Le président Czartoryski s'étant emparé des relations diplomatiques, le gouvernement national n'avait rien à y voir. Lui seul avec ses ministres en connaissait les secrets et il était enchanté de ce qu'on lui mandait de l'étranger. Mais sa joie n'était pas sans mélange, car il s'apercevait que Skrzynecki compromettait par son inaction la cause de la Pologne. 11 lui faisait des observations, et, voyant qu'on ne pouvait plus le tirer de son apathie, il écrivit aux cabinets de l'Europe pour se plaindre de ce que la diplomatie européenne avait abandonné la Pologne. Il avoua combien la cause nationale était compromise par la confiance avec laquelle en avait compté sur leurs vaines promesses : «Nous nous sommes reposés, disait- il, sur la noblesse et la sagesse des cabinets ; en nous y fiant, nous n'avons pas tiré parti de toutes les ressources qui s'offraient intérieurement (dans le royaume) et extérieurement (dans les gouvernements polonais incorporés à la Russie). Pour gagner l'approbation des cabinets, mériter leur confiance et obtenir leur appui, nous ne nous sommes jamais écartés de la plus stricte modération et cette modération a paralysé bien des efforts (de la nation), qui nous auraient secondés dans ces derniers temps. Sans les promesses des cabinets, nous aurions pu frapper un coup (sur le champ de bataille), qui, peut-être, eiU été décisif; mais nous crûmes qu'il fallait temporiser, ne rien laisser au hasard, et nous avons la certitude aujourd'hui qu'il n'y a que le hasard qui puisse nous sauver. » Après ce triste aveu des

(61) Pour preuve do sa sincérité, Sébastiani offrit à la diplomatie polonaise à Paris la somme nécessaire pour couvrir les frais du voyage et demanda une personne affidée, pour la charger de la missive* Drikczinski partit effectivement muni des papiers. — Voyez Cabet.

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erreurs commises pendant la révolution, le prince Czartoryski attendit l'ouverture des chambres en France, croyant encore que le discours du trône jetterait quelque lueur d'espérance. Les journaux ne tardèrent pas à le lui rapporter. Louis-Philippe y dit : « Que la nationalité polonaise ne périrait pas. » Comme si la conservation de la nationalité pouvait être l'ouvrage de quelque force étrangère et ne dépendait pas uniquement des Polonais. Mais un allié de Nicolas, que pouvait-il dire de mieux? Ainsi les illusions de Czartoryski s'évanouirent comme un songe; c'était vraiment piliéde le voir détrompé et ramené à la réalité par les paroles du roi des Français. N'ayant plus rien à espérer ni de la France, ni de l'Angleterre, qui, occupée de ses propres affaires, ne voulait pas entendre parler de la Pologne, il tourna les yeux vers l'Autriche. 11 écrivit au cabinet de Vienne, en le suppliant de venir au secours de la cause polonaise près de succomber, l'assurant que les Polonais étaient disposés à se soumettre à la domination autrichienne, et à accepter telle forme de gouvernement qu'il conviendrait à sa politique de leur imposer.

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