‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 265 sur 274 · Dèmbinski veut usurper le pouvoir suprême · texte numérisé non relu

Dèmbinski veut usurper le pouvoir suprême

Aussitôt que la colère du peuple se manifesta par les premières voies de fait, le prince Adam Czartoryski quitta Varsovie, et se transporta au quartier- général. L'action gouvernementale, qui n'avait jamais eu beaucoup de vigueur, finit par se relâcher tout-à-fait en présence des événements qui la débordèrent, et par les dispositions des membres du gouvernement qui se dégoûtèrent de leurs fonctions. Le 16 août, on se proposait au quartier-général de réprimer sur le champ par la force armée la sédition populaire; on parlait de faire fusiller sans jugement les perturbateurs, c'està-dire, tous ceux qu'il plairait de regarde rcomme tels , ou au moins de les faire exécuter par une justice expéditive. Le 17 août, Dèmbinski, général en chef par intérim, occupa militairement la capitale, et fit afficher une proclamation où il disait que le peuple de Varsovie, ayant assassiné des personnes innocentes, égorgé des femmes et des enfants, il ferait punir les coupables de tant de forfaits avec la plus grande sévérité. On disait que cette proclamation, pleine de honteux mensonges, de calomnies atroces, de menaces stupides, était nécessaire pour satisfaire la diplomatie européenne. De retour dans la capitale, le prince Adam Czartoryski, conjointement avec les autres membres

(87) Bonavcnture Niemoïovskl fui effectivement appelé à rédiger une proclamation , lorsque celle de Théodore Moravski fut jugée inadmissible; Ilorodyskl en composa aussi une qui n'obtint poiut les suffrages. En lin , après de longues discussions, depuis 5 heures du matin jusqu'à midi, la rédaction proposée par Lelevel fut acceptée , bien que tronquée.

du gouvernement, envoyèrent à la diète leur démission qui fut acceptée, et depuis ce moment, ils ne se mêlèrent plus de rien. En môme temps , le colonel Zalivski fut arrêté au camp. Dans la ville, Dèmbinski fit conduire en prison l'abbé Pulaski et quelques autres personnes, pour la plupart de la société patriotique; l'arrêt devait être prononcé et exécuté dans les cinq heures, et Dèmbinski, appuyé de la force armée, devait déclarer à la diète qu'il s'emparait du pouvoir suprême, et se proclamer dictateur. Mais tous ces plans s'envolèrent comme la fumée. Le peuple fut indigné par la proclamation diffamante de Dèmbinski, et l'opinion ne vit plus en lui le héros que naguère elle élevait aux nues, mais bien un homme violent, un calomniateur du peuple, ne reconnaissant ni lois ni justice, dérogeant aux pouvoirs de l'état, et qui se laissait conduire par la faction qui était la cause de tous les malheurs de la patrie. Le peuple fraternisa bientôt avec les régiments campés dans les rues, et attendit avec calme les décisions de la diète, où l'on déclara que si Dèmbinski osait paraître dans la chambre, il n'en sortirait pas vivant. Les cinq heures fatales s'écoulèrent,et les affaires changèrent de face. Ladiète vota une nouvelle loi concernant le gouvernement. D'après cette loi, il ne devait y avoir qu'un seul président investi du pouvoir exécutif, et pouvant nommer les généraux en chef. Krukoviecki, nommé président du gouvernement, laissa à Dèmbinski le commandement de l'armée; mais bientôt il le lui ôta et le donna au vieux Kazimir Malachovski.

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