‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 41 sur 274 · Boleslav II le hardi · texte numérisé non relu

Boleslav II le hardi

Boleslav II, courageux sur un champ de bataille, prodigue dans ses dépenses, voulut imiter Boleslav-le-grand, son aïeul et son prédécesseur. Les dissensions des familles régnant sur la Bohême, la Hongrie et les pays des Russicns, provoquèrent son intervention et lui facilitèrent ses victoires. Il humilia

les Bohèmes. Médiateur généreux et désintéressé, on le vit souvent, de concert avec les évèques hongrois, ramener la concorde dans la Hongrie, entre les princes de ce pays et y établir plusieurs rois de suite. Dans les vastes contrées des Kussiens, les descendants de Jaroslav-le-grand, divisés entre eux, s'emparèrent mutuellement de plusieurs principautés et de plusieurs villes. Boleslav II secourut les ducs de Kiiov, chefs de tous les autres, et fit en même temps la conquête de la Russie-rouge, l'ancienne Chrobatie-rouge. Il soutenait activement cette guerre depuis plusieurs années, lorsqu'en 1077, le jour de Noël, ayant convoqué plusieurs évêques polonais et hongrois, il se fit solennellement couronner; mais il ne régna pas longtemps après cet événement.

h 3. Assassinat de PGveque Stanislav. — Retraite

en Hongrie.

Une guerre que ce prince soutenait avec opiniâtreté contre les Russiens, depuis plusieurs années, lui attira le mécontentement de ses guerriers, qui étaient habitués à rentrer dans leurs foyers à la fin de chaque campagne entreprise dans le courant d'une année. Comptant trop sur ses moyens, Boleslav-le-hardi voulut gouverner par lui-même; ne se fiant à personne, il devint trop soupçonneux et trop sévère. Stanislav, évèque de Krakovie, blâma sa conduite et lui adressa ouvertement des réprimandes : on dit même qu'il conspira contre lui. Dans sa colère, Boleslav se lit justice lui-même et tua Pévêque. Ce forfait et toutes ses violences attirèrent sur lui l'animadversion générale, au point qu'il fut obligé de quitter la Pologne. Il se rendit en Hongrie avec son fils Mieczislav. Vladislav, roi de Hongrie, alla à sa rencontre avec une suite nombreuse pour lui témoigner sa reconnaissance et ses bonnes dispositions. Mais l'orgueil du proscrit lui fit méconnaître cet acte d'un cœur généreux. Il ne voulut point s'incliner devant le roi qu'il avait lui-même placé sur le trône. Les Hongrois, justement indignés, murmurèrent hautement contre un orgueil si mal placé, et quoique Vladislav lui offrit un asile assuré, il périt misérablement oublié dans sa retraite, victime de la haine qu'il avait inspirée aux Hongrois.

POLOGNE CONQUÉRANTE

UU» Vladislav-Herman et son favori Sieciech.

Après l'éloignemont do Boleslav-lc-bardi , on mit sur le trône son frère, Vladislav-Herman. Ce prince, d'un esprit indolent et borne 5 , accorda aux étrangers des évèchés et des abbayes. Il laissa passer sans recberebes la mort de son neveu Mieczislav qui était revenu de la Hongrie, et qui fut empoisonné. Quoique placé sur le trône, il ne se fit point couronner et n'osa même prendre le titre de roi. Incapable de se gouverner dans les plus petites actions, il se reposa sur son favori Sieciech du soin de toutes ses affaires, le créa son palatin (voïevoda), l'investit du pouvoir militaire et de la puissance civile. Sieciech pouvait, par conséquent, comme juge suprême, terminer à l'amiable toutes les contestations entre les citoyens, punir les coupables d'après les lois, comme administrateur veiller au maintien de l'ordre dans tout le pays, à l'accomplissement des obligations imposées par l'état, au paiement des redevances et des impôts. Vladislav laissa Sieciech abuser de son pouvoir et enfreindre les lois, disposer des emplois à son profit, construire des châteaux forts, ce qui jusqu'alors n'avait jamais été accordé à aucun citoyen. Ce favori, enhardi par sa faiblesse, protégea les uns au détriment des autres, commit mille exactions et se livra à l'arbitraire le plus effréné. Cette conduite fit naître des plaintes et indisposa tous les esprits contre lui. L'animadversion générale causée par les fautes du ministre retomba sur le roi. Telle fut l'origine des discordes civiles.

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