‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 64 sur 274 · Révoltes. — Pertes · texte numérisé non relu

Révoltes. — Pertes

En l305,Vladislav-lokéték fut accueilli à son retour par les Sandomiriens , par les habitants de la Petite-Pologne et par beaucoup de Polonais des autres duchés. Mais des signes de mécontentement, provoqués par des hommes turbulents, se manifestèrent sur différents points. Les habitants de la Grande-Pologne reconnurent l'autorité de Henri duc de Glogov. La famille de Schventz se révolta en Poméranie, et livra Dantzik aux Brandebourgeois. Pour les chasser de cette ville, Lokéték permit de solliciter les secours des chevaliers teutoniques qui les accordèrent avec empressement et bientôt se rendirent maîtres de Dantzik par trahison, de concert avec le duc de Poméranie, située sur Oder; ils envahirent et partagèrent entre eux toute la Poméranie dantzikoise, après avoir commis les plus atroces excès ctlesplus grands forfaits. Non contents de ces usurpations, ils s'approprièrent encore

la terre dcMichalov, engagée parles neveux de Lokéték(2l). Celui-ci n'était pas en état de repousser ces hostilités et de réprimer ce débordement d'irruptions. Il reprit possession de la Grande Pologne, après la mort du duc de Glogov, mais les habitants de Posen, mieux disposés en faveur des ducs germanisés de Silésie, se révoltèrent et se soumirent aux Silésiens. Albert, bourgmestre de Krakovie, originaire allemand, ayant soulevé la ville contre Lokéték, en 1311, attira dans son pirti l'abbé de Miechov et l'évêque de Krakovie, Muskata. Vladislav-lokéték, fit rentrer ces villes

(24) Le grand-matlre de Tordre voulant intimider les deux gouver. neurs qu'il avait assiégés à Svicca , lit élever prés des remparts deux gibets et leur fit dire qu'il les leur destinait. Pour en imposer davantage aux assiégés, il ne se passa plus de jour où il ne fit pendre sous leurs yeux quelques paysans des campagnes voisines. Le commandeur Siflrid de Weissenfels , montait tous les matins à cheval , et, sortant du camp avec autant de cordes qu'il en avait pu ramasser dans les lentes, il jurait de ne point manger qu'il ne les eût toutes employées à faire étrangler les Poméraniens et les Polonais qu'il trouverait sur la route. Ces chevaliers avaient fait trancher la téte à une Toute de nobles au milieu d'un festin où ils ne tes avaient invités» que pour abuser plus sûrement de la sécurité qu'ils leur avaient inspirée. Plus de dix mille habitants de Dantzik , estimés rebelles parce qu'ils désiraient être libres, venaient d'être égorgés de leurs mains; et» ni les femmes, ni les enfants n'avaient élé épargnés dans cet horrible massacre. Ils choisirent pour celte boucherie un jour de foire, dans lequel ils surprirent les habitanls désarmés et la population assemblée. — Ils s'étaient emparés du district de Michalov. Ce pays leur avait été engagé par Leszek, duc de Kuiavie, à qui ils avaient prêté 300 marcs d'argent, dont ce prince avait besoin pour se racheter des mains de Yencestav, roi de Bohême, qui l'avait fait prisonnier en Hongrie. Il était porté par le contrat, que, si Leszek, dans l'espace de trois ans, ne rendait point la somme avancée, la terre de Michalov avec toutes ses dépendances appartiendrait irrévocablement aux chevaliers. Leszek n'eut garde de manquer à ses engagements. Il offrit l'argent que les chevaliers refusèrent jusqu'au moment que le terme prescrit fut écoulé. Il le fut à peine, que, se prétendant maîtres de la terre, ils forcèrent le duc de la leur abandonner, moyennant 261 marcs qu'ils ajoutèrent aux 300 dont ce prince leur était redevable.

LÉCilIE EN PARTAGE

sous son obéissance; mais il éprouva encore de nouveaux revers à l'époque, de son couronnement, en 1319. Les ducs de Silésie reconnurent par jalousie l'autorité des rois de Bohème, qui s'arrogeaient toujours le litre de roi de Pologne. Les ducs mômes de Mazovicse soumirent à eux comme vassaux. Ainsi, coup sur coup, Lokéték et le pays éprouvèrent des désastres terribles.

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