‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 81 sur 274 · Interrègne. - IJcdvig?e. — La Lttvanle bapllsee · texte numérisé non relu

Interrègne. - IJcdvig?e. — La Lttvanle bapllsee

La reine-mère n'ayant laissé partir aucune de ses filles, l'interrègne trop longtemps prolongé causa une guerre civile de longue duréedans la Grande-Pologne, entre lesNalèncz et les Grzimala, dont les noms servaient de mots de ralliement aux partis combattants (33). Cette guerre ne cessa qu'à

(33) Vladislav-lb-blaxc. Il serait très-long d'indiquer tous les inolirs et tous les prétextes qui tirent agiter la Pologne après la mort dfl Louis d'Anjou: cependant il c»l bien d'obsorver que Louis occupa le (rtue

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l'arrivée et au couronnement d Hedvige, princesse accomplie, qui toute jeune encore et quoique éprise de Guillaume duc d'Autriche, avec lequel elle avait été élevée dès son enfance, accepta cependant, pour le bien de l'état, la main d'un homme de quarante ans nommé Jagello, grand-duc de Lit-

par un choix qui dérogea aux successeurs mâles, éloigna du sceptre lousles Piast et particulièrement Vladislav-le-blanc, duc de Gnievkov, de la lignée deKuiavie, neveu germain de Kazirnir-lc-grand. Vladislav abandonna par dépit la Pologne, alla chercher une retraite en France, et fut mal accueilli à la cour où il se présenta. N'y trouvant point les ressources qu'il avait espérées, il se rendit à l'abbaye de cîteaux où il fit profession, l'an 1366, en qualité de religieux convers. La régie austère de l'ordre le rebuta, quelques mois après il passa dans l'ordre de St-Benolt et fut placé dans l'abbaye de St-Benigne à Dijon. Du temps de Louis , plusieurs mécontents des procédés iniques de ce roi, engagèrent VladUlav-lc-blanc à venir prendre possession du trône de Pologne qui lui avait été injustement enlevé. Il part furtivement, mais malgré les bonnes dispositions de ses partisans, il esl contraint d'abandonner une seconde fois la Pologne. Louis devait faire un aceommodementavec Vladislav, moyennant 16,600 florins et lui donner de plus une riche abbaye en Hongrie. Ce qui est cependant certain c'est que Vladislav revint à St-Benigue, en 1375, où depuis ce temps là il fut appelé roi Laocelot.

Après la mort de Louis , Sigismond de Luxembourg, mark-grave de brandebourg, qu'il avait désigné poui s>on gendre entra en Pologne pour en prendre possession. Cependant il n'y avait rien de déterminé; laquelle des deux filles de Louis devait lui succéder en Pologne ? l'aînée Marie, fiancée à Sigismond, où la cadette Hedvige, fiancée à Guillaume duc d'Autriche? Lorsque le choix s'arrêta sur cette dernière, Sigismond •o relira définitivement et le duc d'Autriche vit bientôt s'évanouir »cs belles espérances. Un nouveau compétiteur à la couronne gagna un certain parti qui pensa réunir le droit suranné de Plast, avec le droit tout récent, évolusur une jeune fille. Ziémovit,duc de Maiovie, était ce compétiteur, issu de Kazimir-le-justc, le plus proche parent de Vladislav-Ie-blanc, qui a la mort de Vladislav entrait dans le droit d'héritier prétendant.

Au milieu de ce revirement, les amis de Vladislav-le-blanc lui écrivirent en l'assurant que pour cette fois le sceptre ne pouvait lui échapper. Vladislav, avant de parlir, fit solliciter et obtint du pape Clément VII

vanie, regardé généralement comme un barbare (34). Jagello s'étant fait baptiser, accepta le nom de Vladislav et promit de réunir à la Pologne toute la Litvanie et de la convertir à sa nouvelle croyance. Hedvige qui aimait la langue polonaise, encouragea les études; elle aida son mari à introduire le christianisme en Litvanie, reconcilia les Grzimala avec les Nalèncz,chassa elle-même les Hongrois du duché de Halicz. Une mort prématurée mit fin à son règne et plongea la nation dans le deuil. Jagello savait que la perte de sa femme lui faisait perdre son droit à la couronne de Pologne; mais les Polonais voyant un avantage réciproque dans la réunion avec les Litvaniens, et considérant Vladislav Jagello comme élu volontairement par eux, le maintinrent sur le trône.

un bref do C juillet 1385, qui lui ordonnait d'aller prendre possession du royaume qui lui élait offert. Non contentdc cetordre, il alla trouver

10 pape qui lui fit expédier, le 13 septembre 1382, un bref de sécularisation. Muni de ces patentes, il fut reçu avec acclamation par se* partisans. Mais l'arrivée d'Hedvige en diminua le nombre , poursuivi,

11 prit la fuile. Il parait qne ne sachant que devenir il erra l'espace d'environ trois ans en Allemagne. EnOn , résolu de retourner en son monastère, il estarrétéà Strasburg, par une maladie qui le conduit au tombeau, l'an 1388. En mourant il fit un testament par lequel il ordonnait à ses serviteurs de reporter son corps à St-Benigne, et liguait 2,500 florins à ce monastère. On voit encore son tombeau dans la nef de Sl-Benigne. (Art de vérifier les dates, vol. II, reclilii par des recherches ultérieures.)

(34) Pour le duc d'Autriche, les tendres souvenirs de sa jeunesse avaient autant de valeur que la couronne dont Hedvige venait d'être investie. Il entretenait avec elle une correspondance et prit la résolution de se rendre à Krakovie, où la reine elle-même le pressait de venir. Effectivement il arriva, mais l'accésdu château lui était interdit. Hedvige avertie, voulut le voir pour faire ses adieux , à ce qu'elle disait. Trouvant des empêchements insurmontables, une fois, elle courut impatientée vers la porte du château, et saisissant de sa main débile une hache, elle s'efforça de briser la porte. Ce n'est qu'avec grande peine, que les prières de plusieurs seigneurs et particulièrement du trésorier Demetre de Goraï réussirent à la calmer. Guillaume partit enfin, et la somme stipulée dans l'acte des fiançailles lui fut scrupuleusement

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96. Jagello combat les chevaliers teuloniques. — Privilège de llorodlo.

Les chevaliers teutoniques et l'empereur Sigismond virent d'un œil jaloux cette union de la Pologne avec la Litvanie. Les premiers déclarèrent la guerre, mais battus et taillés en pièces dans la mémorable bataille de Grunvald, en 1410 (35), après de nouveaux efforts dans le but de prolonger les hostilités, ils conclurent enfin sur le lac de Mielna, en 1422, un traité de paix par lequel ils furent maintenus dans leurs

payée. Jagrllo devint mari et roi ; mais après avoir surmonté différents obstacles; il doutait mainte fois du sentiment delà vertueuse Ilcdvige. Jaloux et méûant, il prenait ombrage à chaque bruit. I ne fois, en 1388, un vice-komornickdeKrakovie, Gnievosz Dateriez, connaissant le faible de ce prince et par des molirs qu'on ignore, lui fit entendre que le duc d'Autriche s'élant rendu secrètement à Krakovieet avait eu durant quelques jours de fréquents entretiens avec la reine. Jagellcn Ct éclater son ressentiment, et l'aurait porté jusqu'au dernier excès, si quelques seigneurs n'avaient pris connaissance de celle affaire. Ils citèrent le délateur. Après l'audition des témoins, Jasko deTènczin, caslellan de Voïnicz , jura au nom de la reine qu'elle était innocente. A la .suite de cette déclaration y douze citoyens demandèrent à venger la reine par un combat singulier. Mais la loi terrestre n'admettait point les combats ni le duel, elle réprouvait une semblable juslice, par conséquent, lesjuges ordonnèrent à Gnievosz de porter parole pour défendre son accusation. Il fut long-temps à se taire; enfin rompant le silence , il dit : « Je demande grâce et pardon. » Il devait donc se soumettre à la condamnation, qui le forçait a désaboyer , odszczekac ce qu'il a avancé, c'est-à-dire a dcmrnlir la colomnie. La sentence fut exécutée sur le champ dans le sénat. Gnievosz se coucha à terre sous la stalle de la reine, et prononça à haute voix, qu'en répandant un tel bruit injurieux, il en avait menti comme un chien. Cette confession publique achevé, il imita à trois diverses fois l'aboycmcnt d'un chien.

(35) Dans la mêlée de la bataille, le roi aurait péri sous la hache de Dupold, chevalier leulonique, si la valeur ct la présence d'esprit de Zbigniey Olesnicki ne l'eût sauvé. Ce jeune homme n'avait alors pour toute arme qu'un tronçon de lance dont il frappa si rudement l'agresseur, qu'il le jeta ;>'»r terre. Jagcllo en fui si luwho que sur le champ il

possessions, renonçant à toute prétention sur la Samogitie. Vladislav-Jagello ne put mettre à exécution, comme il l'avait promis, l'union de la Litvanie et de la Pologne, par égard pour ses cousins; il fut même obligé de nommer un grandduc comme prince-lieutenant de cette province. Son cousingermain Vitovd, fils de Kieistud, étant grand-duc, ne voyait pas avec plaisir les avantages que les Polonais pouvaient tirer de l'entière soumission des chevaliers, et refusa son assistance dans la guerre contre eux qui s'était prolongée comme nous l'avons dit. Afin de soutenir la guerre à forces réunies et de la terminer avec succès, Jagello s'adressa à la nation : il convoqua une diète des deux nations à Horodlo, en 1413, où il accorda aux Litvaniens du rite romain l'exemption de toute servitude et de tous devoirs féodaux envers leurs seigneurs et leurs suzerains qui leur étaient imposés depuis le règne de Gedimin; il leur accorda des libertés et des prérogatives semblables à celles dont jouissait la noblesse polonaise. Tous ces avantages causèrent une joie inexprimable dans l'assemblée de Horodlo. Les nobles Utvaniens adoptèrent les armoiries de ceux de Pologne et s'unirent étroitement avec leurs frères: on s'v embrassa cordialement. Mais on ne prévoyait pas combien il restait encore de difficultés à surmonter; Vitovd et plusieurs grands seigneurs cousins de Jagello empêchèrent l'exécution du privilège,

voulut donner à Olcsnicki un baudrier militaire. ZI i^niev le refusa modestement, en disant, qu'il prétendait se dévouer au service de légHte. Il joua depuis un rôle important dans le pays et disposa de la destinée de la maison dos J i gelions. Devenu dans la suite évoque de .Xrakovie, il fut le plus fort soutien de cette maison. Il empêcha en 142i>, à Luck, du désunir f étal par un titre royal particulier pour la Litvanie, comme le désir lit le grand-duc Vitovd; il plaça sur le tronc le jeune Vladislav-Jagi Uonidc, et sauva le sceptre àKazimir son frere. Il acquit le duché de Sievierz et te réunissant à l'évêché do Krakovie, honora ses successeurs de ses revenus et de son litre. II fut le premier on Pologne qui fut décoré de la diguilé du cardinalat, et éprouva que cet honneur étranger n2 s'accordait point avec les dignités de la république.

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