Instruction. — Lumière
La liberté dont toutes les classes jouissaient selon leur position fit sentir l'importance de l'instruction. En effet, on écrivait aussi bien en latin qu'en polonais. Les pauvres, tant nobles que bourgeois et kmetons ou paysans, fréquentaient les écoles et s'appliquaient aux études, se disposant ainsi à être plus utiles, puisque rien ne peut rendre l'homme plus capable de servir sa patrie qu'une bonne éducation et une instruction convenable. Elle élève les sentiments et le génie, ennoblit le cœur et ouvre les yeux sur ce qui est bon et utile à la patrie. Ce goût des sciences fut infiniment profitable à la Pologne; il prépara une génération d'hommes qui furent la gloire du pays. On rencontrait souvent des hommes ayant rendu de grands services à leur patrie, qui n'étaient pas de
TROISIEME PEIUODE, DE 1333 A 1587. 09
la classe noble, mais bourgeois ou kmetons. Plusieurs d'entre eux s'élevèrent aux plus hautes dignités de la république, et quelques-uns, comme évèques, prirent une place distinguée au fauteuil de sénateurs. Janicki, dont les poésies en vers latins sont bien connues, était un simple paysan. Dantisk, iils d'un cordier, célèbre poète, brillait par son talent dans la diplomatie comme sur son siège sénatorial. Kromer, d'une naissance obscure, dont la chronique et les discours en latin sont est més et qui écrivait aussi très-bien en polonais, devint évêque de Varmie. Beaucoup d'autres, non par leur naissance, mais par leur scieuce, leurs talents et leurs vertus, se rendirent utiles au pays.
1 06. Brigandage. — Égalité de la noblesse.
Comme tout le monde pouvait agir selon sa volonté, il s'en trouva qui abusèrent de cette liberté. Des nobles et môme des femmes s'établirent dans les forets, dans les montagnes ou dans les chàteaux-forts, exerçant la profession de bandits ou de brigands et dépouillant les voyageurs. Leurs principaux repaires étaient Czorstin, Bervald et quelques autres châteaux moins accessibles. La nécessité de rétablir l'ordre se faisant sentir, ils furent poursuivis et punis. La femme Rusinovska, déguisée en homme, portant de grosses bottes, fut pendue dans son costume. Le brigandage fut réprimé par ce moyen sévère. La noblesse polonaise, jalouse de ses droits, fréquentait avec assiduité les assemblées, les vieca, les diétines, les diètes. Aucun noble n'osa réclamer la supériorité sur les autres; ni les seigneurs opulents ni les employés ne pouvaient prendre de titre de distinction de grafs ou comtes. Il était permis, à chaque noble blasonné, de faire valoir ses armoiries et le nom de sa maison, car chaque noble ou chaque homme de l'ordre équestre était supposé avoir son blason armoriai qui ne devait plus être pour lui seul , mais servir d'armoiries à la famille dont il portait le nom. Chacun pouvait donc prendre un nom quelconque, qui fut depuis transmis à sa postérité avec les armoiries qui blasonnaient et distinguaient sa famille. Chacun pouvait aspirer aux emplois lorsqu'il en était capable et lorsqu'il posïédait une propriété foncière.
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