Dlôte. — Chambre des nonces
Les diètes se succédaient très-souvent, elles se tenaient la plupart à Piotrkov. On y décrétait différentes lois ; les plus importantes furent décidées , en 143*, à Nieszava. On se réunissait aussi en diète pour fixer les impôts. La fixation des impôts mal distribués, occasionna des mésintelligences entre les provinces. Pour y remédier à l'avenir, il était évident qu'il fallait corriger l'organisation de la diète qui n'était nullement déterminée. Afin d'écarter cette incertitude, en 1468 , toutes les terres et tous les districts élurent leurs nonces pour la diète tenue à Korczin-la-nouvelle. A partir de cette époque, les diétines choisissaient des nonces et leur donnaient des commissious particulières et les autorisaient à aller à la diète partager ses décisions. Ces nonces se rassemblaient à la diète où se trouvaient aussi le roi et les sénateurs. Le sénat occupait la première salle et les nonces la seconde. La loi, approuvée des deux chambres, était acceptée par le roi. Mais lorsque la chambre des nonces rejetait une loi, cette loi ne pouvait être sanctionnée ni par la chambre du sénat, ni par le roi. Toute la force des libertés et du pouvoir de la noblesse résidait dans la chambre des nonces où Ton admettait aussi les représentants des villes.
108. La maison Jagellone acquiert des couronnes — La Lltvanie cause des désordres.
Kazimir, pendant son long règne qui dura quarante-cinq ans, se rendit célèbre dans toute l'Europe, et, quoique les Polonais le vissent avec indifférence, les peuples voisins offrirent des couronnes à ses fils ; son fils aîné, Vladislav, accepta la couronne de Bohème, en 1471, et plus tard, celle de Flongrie, en 1490. Les Polonais murmuraient contre la négligence de Kazimir et lui attribuaient tout le mal qui se faisait quelquefois sentir. Ils se plaignaient de ce que le roi ne réprimait point les Litvaniens qui ne cessaient de nuire à la Pologne, de ce qu'il eût toujours une prédilection marquée pour la Litvanie où il passait tout son temps (40). En effet,
j(40 Voyez la note 41, ct-dessouj, au chapitre 110.
Kazimir y résidait de préférence parce quil aimait la grande chasse etque cette province lui offrait plus de ressources par ses immenses forêts pour son divertissement. Et même, afin d'empêcher les troubles , sa présence presque continuelle y était nécessaire. Je vais rendre compte de ces événements en m'occupant de l'état intérieur de la Litvanie.
109. Souhaits des nobles eu Litvanie. — Crainte des seigneurs.
La Litvanie et tous les pays russiens ne furent ni aussi peuplés, ni aussi prospères que la Pologne. Figurons-nous le bas peuple soumis et esclave; une noblesse vassale et assujettie aux seigneurs; les seigneurs ombrageux, incertains de leurs privilèges et craignant de perdre quelque chose de leurs droits seigneuriaux, se querellant et se haïssant entre eux. Tous les nobles litvaniens ou russiens du rite grec ou latin, avides de libertés, n'ayant que le seul désir de mettre en pratique dans toute son étendue le privilège de Horodlo, qui leur accordait une égale jouissance des libertés de la uoblesse de la Pologne, fatigués de leur servitude, ne voulant enfin souffrir personne au-dessus d eux. De leur côté, les seigneurs russiens et litvaniens munis pour la plupart de titres héréditaires de duc ou de prince, kniaz, formaient seuls le sénat et la diète, d'où les nobles étaient exclus; ils partageaient seuls le pouvoir avec le grand-duc leur suzerain ; ils ne désiraient point une union sincère avec la Pologne parce qu'il leur fallait se résigner à perdre l'autorité et le pouvoir qu'ils exerçaient sur la noblesse, leur considération et leurs titres que l'on ne reconnaissait pas alors en Pologne, car le seul évèque de Krakovie pouvait y prendre le titre de duc de Sievicrz; aucun autre n'osait avoir un titre quelconque.