‹ Histoire de PologneChapitre 10 sur 369 · PREMIERE PERIODE · texte numérisé non relu

PREMIERE PERIODE

TPiOUBLES ET PERTES.

n. ConiiMéralM« des Czartorjski.

9» les Gzartoryski préparent leur action.

La maison des princes de Gzartoryski fit valbir son origine, comme remontant à la famille des ducs litvaniens dont la branche lagellone occupait le trône du grand duché et de la Pologne. Par son alliance avec la maison de Sieniavski et avec le castellan de Krakovie, Stanîslav Poniatovski, elle augmenta sa fortune et acquit une puissante influence. Sieniavski enrichit son époux d'une grande dot; Stanislav Poniatovski, quoique d'extraction obscure, parvint par ses capacités aux plus hautes dignités de la république^ s'acquit un immense ascendant pour donner une direction plus efficace au timon de l'état , forma un triumvirat avec les deux Gzartoryski (10), Michel chancelier de Litvanie et Au-

(lOj Le nom de Poniatovski est assez conaa en Pologne, particuliérement dans la noblesse; mais les familles de ce nom, désavouaient les Poniatovski qui possédèrent le trdne et le litre de prince. On trouve une notice sur celte maison royale, dans Tart de vérifier les dates, ouvrage très important , oà l'on remonte aux Torelli comtes de Montechiarugolo en Italie , dont les descendants durent s'établir par quelqu'accident à Krakovie, dans le commencement du XYII siècle. Cette extraction fabuleuse et controuvée de la maison royale de Poniatovski était connue en Pologne « et faisait rire tout homme judicieux On ne demandait point si c'était un Sallnguerra Torelli de Montechiarugolo qui donna naissance à Stanislav Poniatovski, né vers

t« CONFÉDÉRATION

guste son frère, palatin de Russie, doués tons les deux de grandes capacités et propres à une vie active, entreprirent d'opérer cette grande transformation de la république

1675 , et on fesait pea de cas de différents" contes sur la naissance qui sont quelquefois relatés dans les histoires de Leszcinski : tout ce qu*on savait, c'esl que c'était un homme assez obscur avant que ses talenls éminents se fissent connaître avec éclat. Ce n*est pas par sa naissance , mais par ses qualités personnelles que StanUlav Poniatovski est parvenu à sa gloire et à sa grandeur, ce qui n'était pas rare dans la république de Pologne, aux hommes de la foule dont l'origine était inconnue, mais le mérite manifeste. Tourmenté, disent les auteurs de Part de vérifler les dates , du désir d'acquérir de la gloire , Stanislay passa dans sa tendre jeunesse au service de la Suéde. Ayant conduit au-devant des Saxons par des bois et des défilés un détachement do l'armée . qui arriva deux jours plutôt qu'on ne pouvait l'espérer , Charles XII jugea «ses talents, se l'attacha et en fit son aide-de-camp. Il avait déjà sa confiance , lorsque ce prince, vainqueur de la Pologne, déposa Auguste II, le 15 février 1704. A la fameuse journée de Pullava^ il sauva la vie à Charles XII. Pendant le séjour du roi de Suéde à Bender , Poniatovski ne cessa de négocier avec la Porte ; il en fit trembler les ministres, remua le sérail , et parvint à mettre la sultane Validé , mère du sultan , dans les intérêts du prince réfugié. Ce fut par son moyen , qu'après avoir fait passer plusieurs mémoires au grand-seigneur , il fit déposer le visir et qu'il balança longtemps l'influence des Russes dans cette cour. Pendant que l'armée turque tenait presque prisonnière celle du tzar sur la rivière de Prut , il conseilla au visir de ne penser qu'à affamer les Russes. On n'écouta pas son conseil. Poniatovski sauva pour la seconde fois la vie à Charles XII dans l'Ile de Rugen. Apcèssa mort, la reine UlriqueEléonore, sœur de ce monarque, lui oflVit tout ce qui pouvait le récompenser de tant de services rendus au feu roi. Mais celui-ci témoigna à la reine qu'il était Polonais attaché à sa patrie et il se contenta de lui demander le diplôme original d'abdication de la couronne, que Charles XII avait forcé le roi Auguste de signer en 1704. La reine le lui accorda et le chargea de conclure un traité de paix entre la Suède et la Pologne. Stanislav instruisit le roi de Pologne , que tous les liens qui l'attachaient à un héros, son ami , étant rompus par sa mort, il désirait rentrer dans l'obéissance de son souverain naturel et qu'il lui remettrait le diplôme d'abdication de sa couronne dont il est possesseur. Auguste, pour qui cet acte était si important, reçut Stanislav à bras ouverts , lui rendit ses biens « ses privilèges et le

DES CZARTOBYSKI. 17

en une monarchie bien organisée. C'était, selon lear pensée, le moyen le plus efficace de relever leur patrie de Thumiliation où elle était plongée. Ils eurent donc à combattre les préventions, l'esprit local, les partis redoutables des Potocki et des Radzivill. Nourrissant toujours les mêmes projets, ils protégèrent les sciences et les lumières autant qu'il fut possible de le faire, ce qui pouvait disposer entièrerement les esprits en leur faveur; ils usèrent de tous les moyens pour se créer des partisans ; en Pologne et en Lîtvanie, ils élevèrent les familles dont le nom était encore peu connu, à une certaine considération, ou relevèrent celles dont Tancien éclat s'était éclipsé par les adversité du temps; ils placèrent leurs favoris dans les fonctions publiques, aidèrent le ministre Brûhl à prouver ses titres de noblesse (11), et par son intermédiaire ils purent longtemps disposer des emplois de la république. Ils recherchaient et protégeaient les hommes doués de talents supérieurs et ceux qui par leur style, par leurs écrits pouvaient influencer Tesprit public. S'ils n'ont pas atteint leur hut politique, on n'oubliera pas qu'ils ont puissamment contribué à plusieurs améliorations. Conjointement avecKonarski, ils ûrent tant par leur activité, leur amour des ^sciences et des lumières que personne nepouvaitles égaler dans les soins qu'ils se donnaient à cet effet. Mais la cour et le ministre Briihl lui même les gênaient déjà : ils dirigèrent à la fin contre lui des attaques, afin d'affaiblir et de ruiner son ascendant. Enfin, pour commencer ce qu'ils projetaient, pour vaincre les profit vice-yeneur da grand-duché de Litranie. Poniatovski augmenta en favenr sous Auguste III, et avec lui les deux princes Czartoryski , qui s'allièrent avec lui, profltant de son influence croissante. Avec eux il forma ce triumvirat, qui tantôt avec Brahl , tantôt malgré lui , gouvernait le royaume. Successivement général des gardes royales , premier régimentaire des armées de la couronne , starosle de Lublin et de Stryi, trésorier de Litvanie, palatin de Mazovie, castelian de Krakovie, chevalier de faigle-blanc» il mourut le 3 août 1762 comblé d'honneurs et de gloire, laissant delà princesse Constance Czartoryska, qu'il avait épousé le 14 septembre 1720, deux Olles et huit fils. » Voyez la table généalogique.

(11) En 1749.

18 CONFÈDÉRATIOX

mières difficultés, effectuer les réformes et placer sur le trône un polonais, il leur parut nécessaire de recourir à la puissante intervention de la cour protectrice de Pétersbourg.

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