HI8TOIRC DU PEUPLE
il exisle un grand nombre d'écrits qui portent le titre recommandable d'histoire de la nation, il en est même d'une haute importance qui s'intitulent histoire de l'humanité; cependant on se plaint encore quelquefois de ce que l'histoire du
(1) Avertissement. Les considérations sur l'état politique de l'ancienne Pologne et sur l'histoire de son peuple , sont les résultats d'études et de méditations reprises à différentes époques da ma vie. Mon plan était de leur donner une extension plus considérable : je me proposais d'approfondir dans tous les détails l'état politique et social du pays.
peuple est encore à faire et de ce que les livres qui prennent ce titre ne répondent pas au but qu*on s'était proposé. La raison du peu de succès de ces publications est simple. L'humanité peut se diviser en deux portions, la première, active au détriment de l'autre , dont elle use et abuse à son gré ; impatiente et entreprenante et s'élançant de toute sa vitesse dans la voie du progrès , elle donne lieu sans cesse à une foule d'événements variés , dont la succession intéresse et passionne le lecteur , aussi c'est sur elle que portent surtout les écrits, des historiens. La seconde, calme, merte et passive ne se traîne qu'avec lenteur dans celte voie du progrès si rapidement parcourue par l'autre , son aspect reste longtems le môme , ses actions se suivent et se ressemblent et ne peuvent fournir matière qu'à quelques considérations générales , présentées le plus souvent dans un style vague et sans couleur. Que si parfois elle vient à sortir de son apathie ce n'est qu'à de longs intervalles, ses émotions et ses élans peuvent bien alors ébranler le monde et éblouir la vue des
analysant les relations , les changements et les modifications survenues à chaque période , à chaque moment dans toutes les classes et dans l'organisation. A cet effet, je réunissais bien des notes et des dates, souvent négligées. L'ouvrage aurait formé la matière de deux ou trois forts volumes. Dans ma position actuelle , ne pouvant m'aider que de faibles réminiscences et de sources insuflBsantes , je me borne à ces courtes considérations , dans lesquelles j'ai choisi pour principal objet de recherches et d'observations , la classe agricole des paysans , bien que l'étendue de cet objet eut été trois fois plus considérable , si mon premier plan eut pu être réalisé. Cet ouvrage , comme il est actuellement, forme un tout à part, qui est intelligible pour les lecteurs un peu familiarisés avec l'histoire de la Pologne , mais en même temps il doit servir de complément au précis de l'histoire que j'ai racontée à mes neveux. Les articles de ces considérations peuvent entrer avec les articles du précis dans un cadre, et offrir une lecture suivie. Il ne faut que commencer par la lecture de la période du précis , après quoi on prend la période correspondante des considérations , qui rentrent le plus souvent dans le cadre de ma narration succincte de l'histoire. De môme, les articles de l'histoire et des considérations, s'entrelacent et se correspondent jusque vers la fin. J'ai pris soin de marquer chaque endroit des deux ouvrages où ils s'entre-aident réciproquement.
écrivains , mais ce n*est*que pour un instant , bientôt elle sd retire de la scène et retombe dans ce calme plat qui n'offre plus qa'nne monotone uniformité.
La résignation et Tinsouciance du peuple ^ ses souffrances et sa misère se voient mieux dans les états civilisés parce que l'individualisme y brille avec plus d'éclat. On aperçoit au contraire plus clairement son activité indépendatite dans les états primitifs où l'ordre social est moins artificiel , où ses liens sont plus relâchés ^ plus voisins de ceux qui réunissent les hommes dans l'état sauvage.
Il y court librement les forêts, chasse, pêche; il laboure la terre et soigne ses troupeaux; hospitalier envers les étrangers, il jouit en sécurité des dons de la nature, et de son humble bien être, et il échappe incessamment aux historiens , à moins qu'ils ne se décident à pénétrer dans le cercle étroit des familles; c'est là qu'il faut chercher ses vertus et ses vices, dont le récit monotone a'est interrompu que par quelques événements extérieurs.