CAPTIFS, ESCLAVES, ASCRIFTICBS, ORIGINAinBS
Le grand nombre de captifs faits à la guerre et les peines de l'asservissement ou de Fesclavage imposées pour certains délits et particulièrement pour les dettes, devaient augmenter la classe des esclaves , appelés servi* On sait que les Bohèmes et les Hongrois vendaient leurs prisonniers, ce trafic des esclaves n*était pas non plus inconnu en Pologne. La reine Judith, mère de Boleslav III, vers 1085 rachetait les captifs et grand nombre de chrétiens de la servitude des juifs (34]« Mais celte même reine donnait des esclaves et des hommes à Tabbaye de Tiniec (35). Il y avait donc des habitans dépendants des autres , sujets, asservis, esclaves; mais je ne vois point et je ne puis admettre que l'esclavage ait été une condition perpétuelle. Le captif aussi longtemps qu'il était esclave, était employé aux services particuliers. S'il n'était point racheté , sa condition devait changer. La liberté , dit la loi, est inventée par les sages pour défricher les bois et les forêts de peu d'utilité. La terre ne devait être cultivée, que par une main libre. Un esclave défricheur acquérait sa liberté et s'il allait terminer le défrichement, il devenait possesseur , ou héritier de la terre fécondée par son travail , sauf les redevances et le tribut qui lui étaient imposés. Il était libre de garder ou d'abandonner sa terre (36). C'était le co-
(34) Quse millier in pauperes et captivos ante diem praecipue sui obitus opéra pietatis exerceret et multos christianos de servitute judaecrum suis facultatibus redimebat {Gall. II, I).
(35) Regina Juditha contulit Xiegnice cura taberna et servis Sokol et filiis ejus. — DominsB Judith homines Radesa, Neraoy , etc., (dipl. confirm. 11^0 apud Szczig. Tinecia). Contulit (Boleslaus, anno 1065, monasterio Mogilnensi) et serves adscriptitios ex nomine désignâtes {Dlug. IIÏ, p. 258). Dans la spécification des possessions de l'archevêché de Gnezne, se trouvent : « super campum Dambsko , omnes servi cum villis eorum ; et abbatia sanctas Mariae in castello Lanciciae cum centum servis et villis eorum (bulla Innoc. pape 1136 ; Raczyn. codex dipl. Maj. Pol.p. 3, 4). Dedi inSerobno duos homines Stanumet No* zalam fratrem ejus cum pueris et villa eorum (fundatio monast. Trebnitz. 1208, Sommersb. 1. 1, p. 820.)
(36) StattUa 1420, art. 23, 31.
Ion , le libéré y Tascriptice (97). De cette manière il était naturalisé et derenait régnicole. I( y avait des ascriptices , qui tenaient leur possession pour trente ans , et d'autres qui devenaient attachés à la glèbe par cela seul qu'ils acquéraient une propriété. Leurs enfants et leurs descendants sont nommés originaires, ou indigènes nourris et élevés sur la môme terre, sur le sol de la nation (38). Dès qu'un originaire ou un ascriptice 9 étant libéré, émancipé et libre , assis sur la terre de liberté vola , finissait l'époque de son labeur servile , il était considéré comme kmeto (39). Il entrait dans la milice , partageait le service militaire » pouvait obtenir les portions terrestres (sortes) , acquérir une terre en propriété et la dignité de noble slachcic (40).