GEADATIONS DANS LES CLASSES. CLASSES IIWFBRICUIIES. KMET
Je De parlerais pas des fonctionnaires , des palatins , gouverneurs, castellans , des conseillers (22) , des juges , qui sortaient ordinairement de la classe noble , qu'une chaîne d'or distinguait des autres (23) ; mais je ferai remarquer qu'il existait cependant dans cette classe des distinctions que les historiens nous révèlent assez souvent dans leurs écrits. La classe inférieure , offre des gradations et des subdivisions assez variées. Les gens de cette classe sont nommés , milites gregari , militeê pauperes, villanij kmetones, rustici, rurieolœ^ liheri , enfin , plebei ignoMles , originarii (-24). Leur service militaire les rapprochait de la classe des nobles. Ils jouissaient des mêmes lois qu'eux; les litiges entre eux et les nobles ressortaient de la même juridiction (25). Ils possédaient leur propriété particulière et obtenaient les hérédités sur les terres publiques ou dans les domaines particuliers (26); s'ils décédaient sans boires , leur possession devenait la puscizna (27). Us prenaient en nantissement les héritages
(22) Militiœ prioceps {Gall. II , 33) ; palatinus, cornes palatinus, palatini vicarius {Gall. II, 4, 10, 21 , 30); comesqui tune Mazoviara regebat {Gall. II, 49)^ duces comités ac principes, vel aliique procereô {Gall. 1, 13, 16); duodecim consiliarii {Gall. 1, 13).
(23) Nubiles torques aureas baiulabant {Gall. 1 , 12); magnâtes, familiares {Gall. I, 9, 15); tali et tanta prosapia {Gall. 1, 13.)
(24) Gallus, I, 9, 12, 15, 20 ; II, 4 ; . II 24 ; Mattheus , II, 00 ; dipl. a. 1105 vel 1120, ap. Szczigielski Tinecia, I, p. 138. — Originarii, dans la législation de V Occident, répond aux « glebae addicti, quos dorainus corporaliter possidet , » il serait impossible de retrouver dans la législation polonaise une semblable servilité. Cette qualification répond plutôt à indigène. {Voyez la note suivante, au n' 38).
(25) Gall. 1,9.
(26) Per sortes haereditarias runcolis et habitatoribus dispartita {Gall. III, 24, anno 1110); haeredes in diplomate anni 1120 ; astricti sunt gleb» soli, propria possessione (donatio 1086, ap. Dlugoss.); Kmeto de agroaut haereditate sua. (Statuta a. 1420.)
(27) Statuta MinorisPol. art. 50.
des nobles (dB). Plusieurs, tenaient seulement à vie , U terre appartenant à un autre, c'est-à-dire la terre des domaines publics ou privés ; ils avaient un nom particulier de smardo , smerdo, mortel , qui , par son décès va évacuer la glèbe (29). Les autres la tenaient pour un certain temps (30) , ou à perpétuité, en ferme perpétuelle, dont le bail obligeait au cens et à certaine redevances (31). Leurs possessions et leur propriété héréditaire , étaient reconnues et respectées , ils n'étaient point attachés à la glèbe; ils changeaient leur domicile et leur établissement comme il leur convenait; ils abandonnaient complètement leurs villages et leurs hameaux, et allaient s'établir ailleurs , sur les terres d'un autre propriétaire , ou sur les terres de l'état délaissées et incultes. Outre ces cultivateurs, il y avait toujours grand nombre d'hommes de professions diverses (32) et de locataires feomormft, cTialupnihy qui peuplaient les chaumières et les masures des campagnes (33) qu'ils tenaient à loyer.
(28) Si nobilis kmetoni haereditatem obligaverit (ordinatio Bodzantae 1359. art. 5).
(29) Villam Czulov, cum smardonibus (dipl. an 1120, Szczig. supra oit). La civilisation héréditaire était si avancée en Pologne, qu'à cette époque il y avait déjà très peu de smerdon dans la Léchie. Ils étaient plus nombreux chez les Vinides , entre l'Oder et l'Elbe , où les peuplades persistaient avec plus d'opiniâtreté dans leur paganisme. La classe des smerdons exista en masse plus long-temps dans les terres russiennes, où la civilisation héréditaire de l'Occident ne pénétra que tardivement.
(30) Qui per 30 annos fuerunt in manuali possessione (donatio 1086, apud Dlugoss).
(31) Pradnik, cujus hœredes Mars et Ratay très scotos solventes. Quod polonico more pomocne dicitur, sive omnem censum, quali, vel quocumque modo vulgariter nuncupatur (dipl. confîrm. 1120).
(32) Piscatores, sagittarii, agazones, fossores, sutores, lagenarii,' cocci (bouchers), carpentarii, pecorarii, doliarii, venatores, pistores bulla Innoc. papae 1136 ; donationes aa. 1120,^1145).
(33) In Dolany camerarii ; in littorae Vislae caraerarii {ibid).