ÇOUBRIBSS» POSTB, SERVICE DES CHEMINS
Bo1es1av-1e- grand , qui agissait plutôt en père qu'en souverain , n'opprimait point le peuple par ses déplacements ; il préférait le séjour des villes et des châteaux à celui des tentes et des camps. II avait bien réglé ses relais et leur service ; lorsquMl passait d'une ville à une autre , il avait soin d'égaliser le fardeau en congédiant exactement les métayers et les
(46) Oallu$, 1, 14.
(47) Indttlsiniasut pisoatores et venatores fratrum, piseatores venatoreâqua nostros abiqae piscando ac venando libère sequantur ( donatiolenden* 1145), Sur les graadei chasses de cette époque* voyez le ca&temporain Dtoar de Merseburg.
(48) A custodiaet soluoioneeTodiorum quod sokol dicitur. Irsgovo, cum sadcutariis et stabulariis (donatio lead. 1145). Conservatio equorum, canum, falconum, auoupum^ venatorum ( donatio luben. 1178, apud Sommersb. p. 894). Relaxamus etiam capita animalium, quse pro canibus Dostris ; sive jecora, quae pro falconibus accipiebantur a camificibiis (Bolesl. pudic. a. 1264, in miechovia Nakielscii. ) Venatores qui psiarXe nominatur.
(49) Bobrove, a receptione vel custodia aut conductu castorariorum ; homines vero praedictarum villarum tenentur rethaB ( donatio 1145). Nyr pertotum inter Thur et Gholm, cum castoribus et eorum custodibus, cum piscatoribus et villis eorum, tantum archiepiscopo pertinet (bulla Innoc. papae , 1136, in Raczyn. cod. dipl. Maj. Pol.). Debent eis piseatores dare qualibet quarta feria veru piscibos honoratum quod mech vulgo sonat, similiter sexta feria (fundatio Trebnitz, 1203).
inspecteurs d'un district au moment où il allait le quitter, nb en appelant ceux du territoire sur lequel il entrait. Aucun des conducteurs ou des pasteurs ne dérobait à sa yue ni bœuf ni brebis ; le pauvre et le riche souriaient à sa rencontre , et tout le monde accourait pour le voir (50). Mais ce service sur les grands chemins (an gariœ) ne se bornait pas aux seuls voyages du souverain ; il demandait des courses à pied et à cheval pour entretenir les communications ; il exigeait des transports et des chariots, des chevaux , des bœufs, des conducteurs (pré vod) de relais en relais , et à chaque station , une nourriture convenable pour les animaux et surtout pour es voyageurs , les coureurs et tous les employés de l'état. Outre ces droits qui appartenaient au monarque , |les grands seigneurs (quique potentum] avaient contracté de temps immémorial la coutume de voyager avec pompe, et pour se défrayer , ils enlevaient aux pauvres, non-seulement la paille et le foin , mais encore toutes sortes de provisions qu'ils allaient piller dans les granges et les chaumières. Lorsque le moindre seigneur avait un message à faire porter , ses satellites s'emparaient des chevaux des pauvres et parcouraient des milliers de lieues avec une rapidité extrême (51). Du temps de Boleslav-le-hardi , lorsque les seigneurs allaient à leurs colloques (viécé) à leurs assemblées civiques, ils faisaient brouter les prairies par leurs chevaux , enlevaient les moissons et les provisions des habitants , brûlaient les haies et les palissades qui enfermaient {les métairies , prétendant , eux et leur suite insolente , que c'était la loi du pays (5S). Cependant , bientôt le peuple fut réduit à déplorer l'ancien régime et ses vieilles coutumes. «Souvent, il comptait sur les chefs de l'état qui avaient à lutter contre les factions des puissants magnats. Boleslav-le-hardi céda à leur force croissante ; mais le peuple chérit son fils , le jeune Mieczislav , parce qu'il le voyait suivre les antiques mœurs de ses prédécesseurs, et parce qu'il espérait trouver en lui un protecteur. Lorsqu'on 1089 , le poison l'enleva de ce monde , la Pologne pleura. Mais ce
(50) Gallus, 1. 12, conf. l^.
(51) Yincentius Kadlubkonis, cap. 9 ; Baszkoapud Sommersb., p. 50'
(52) Vita sancti Stanislai, cap 11.
ne furent point les nobles qui s'en affligèrent , c'étaient les paysans et les pAtres qui quittaient leurs charrues et leurs troupeaux, les serfs qui accouraient aux obsèques du prince défunt pour témoigner leur donteur (53).