II. ARISTOCRATIE
derniers. La noblesse se nommait volontiers sujette du chef de l'état, mais elle était civiquement active, s'élevait à une vie politique, possédait une propriété absolue de ses terres. Les kmetons , privés de tous ces avantages, étaient considérés comme sujets de la noblesse. La noblesse les appelait ainsi : suhditu8,poddanyy et les traitait comme assujettis.Les colons qui tenaient vola ,ascripliees, originaires, colons, illiberi ou liberi, liberati, portaient aussi les noms de rusiici , villani , ignobile8,kmetoneSy suhditi ; ei les seigneurs confondaient toutes ces dénominations, toutes ces conditions qui , effectivement, devaient être confondues et placées sur la même échelle dans le but d'assurer à tout le monde la liberté (105). Il est beau que la loi prescrivit que l'huissier devait frapper à la porte du kmeto pour notifier au domicile la citation comme pour un noble ; que la juridiction ne devait pas confondre les kmetons dans des affaires de leurs seigneurs on les rendre responsables pour eux ; que la contumace d'un kmeto était purgée par l'amende d'un bœuf, lorsqu'elle était taxée à deux bœufs pour le noble plus riche (106); mais il est triste d'observer que cette législation ne parle que d'excès et de violences dont les kmetons sont susceptibles , ne pense qu'aux fugitifs , n'indique aucun règlement qui les autorise à agir avec indépendance, qu'elle ne les voit que relativement à leurs seigneurs , que son langage prouve que la marche de la civilisation et la prépondérance des nobles et des milites paralysent l'antique franchise. Bien que la loi parlât en faveur de la propriété foncière du kmeto et de son héritage, le seigneur avait
vée dans Tannée, étaient inférieurs au nombre des semaines ( Voyez ciaprès le S 84 de la période suivante).
(105) Sive liberi, sive ascripticii (confirm. Vladislai loketek, fundationis monast Lenden. de a. 1336); kmetones. inhabitatores et incolas (idemVladisl.a. 1332 ap. Nakielskimiechovia); coloni et kmetones (Kazimmagnusin privil. 1352, apudBandtke juspol., p. 134); kmetonesaut incolœ (Visl. 7l);seu rustici (Visl. 54); kmetones velrustici qui liberi nonsint(compositiodecim. inMazov., 1358, in Racz,cod. dipl.Maj. Pol. XGViii, p. 115); aut villani (Visl. 24); kmeto vel subditus (Visl. 150). En 1359, leur dîme est appelée illibera (ordin. Bodz. art. 5, p. 166).
(106) Statuta Vislic 14, 24, 150.
tout y est féodalisme , inféodant dans leur pensée Tétai social depuis Pharamond jusqu'à Louis XVI. L'esprit pénétrant des écrivans allemands distingua plus scrupuleusement les deux systèmes, si différents et môme leurs nuances (115). Les scrutateurs du moyen Age , les nombreux auteurs des histoires élémentaires , abrégées ou étendues tous ont établi ces diffé^ rences. La liberté est le principe du système allodial , dit rhistorien Rottek, et la servitude est le principe du système féodal. Celui-là fait partir tous les droits et devoirs de l'idée de l'unité nationale et ce sont les droits et devoirs civiques ; cet autre fait sortir tout de l'engagement personnel qui résulte des exigences et obligations convenues dans la première, c'est la nation ou ses autorités qui demandent fidélité , obéissance , prestation; dans l'autre ce sont les seules redevances personnelles. Le système allodial est par conséquent plaç noble, il repose sur une idée , reconnaît et protège la dignité de rbomme et du citoyen ; le système féodal au contraire , dans sa conception , est ennemi déclaré de cette dignité , il donne préférence au salaire sur la liberté personnelle , il penche vers le désordre et Tesclavage. Il faut ajouter à ces observations , qu'il fut le résultat du désordre et de l'asser-
kmeto recedens tenetur constituere allodium profesto S.Michaelis(stat. Maz„ p. 389). Une autre fois en 1412, les mômes statuts ditnobiles et vasalli, caeterique homines (p. 429). Le traducteur polonais, Mathias de Rozan, traduit vassaux par sujets iJûddany , c'est-à-dire kmeto. En 1314, fratres deWedel concedunt privilegium civitati Neufriedland, cum pleno jureet justo titulo feudali utilitatequalibet et proventu (Racz. cod. dipl. Maj. Pol. lxxxvii, p. 100.) En 1302, un allemand prenant en bénéfice dit : nosBugusde Wesenburch, notumfacimus quod a religiosis Paradisi hereditatem polonice Lubinisco teutonice villa Marcini recepimus in feodum ipse vitse nostrœ , non quadam hereditario jure posteris nostris heredibus relinquamus sed cum jubente domino nostra vita finita fuerit, dicta hereditas, cum omni fructu ad Paradisun redibunt (Baczyn. cod. dipl. M. P. fac simile) . En 1350, donatio 12 man 806 Sarnickio à conditione ut sit perpetuus vassalus castri Rogoainensis (archives de la couronne hh, p. 240) : or, Samicki avait la t^rre pour un service dû au grod de Rogozno . Au reste, on rencontre très-rarement ces termes improprement employés. (115) L'Allemagne se distingue par une foule d'ouvrages élémentat