II. ARISTOCRATIE. Ol
d*oà résulte bien d'autres hypothèses qui égarent Tesprit ob servateur. Plusieurs écrivains ontdéjà remarqué l'abus qu'on faisait du féodalisme dans différentes histoires monstrueusement défifçnrées. Hallam , historiea très-judicieux , obserra avec raison qu'il n'y avait que la France^la Grande-Bretagne et quelques colonies normando-franques, qui fussent constituées en états féodaux; partout ailleurs , il n'y avait qu'une influence plus ou moins forte du féodalisme; les pays limitrophes en sont particulièrement affectés , et s'il faut , dit-il , indiquer un état radicalement contraire au principe féodal, certes, c'est la Pologne. L'œil pénétrant de cet auteur a bien apprécié ou deviné le caractère de l'histoire de ce pays. Plusieurs écrivains français qui cherchèrent à approfondir son organisation sociale, reconnurent cette vérité. Jean-Jacques Rousseau voyait avec plaisir que la Pologne , de tous les peuples existants, se rapprochait le plus de l'esprit des anciennes institutions des Grecs et des Romains; Mably dit aux Français: <t Les Polonais n'ont jamais connu nos lois ni nos coutumes féodales ; leur république n'est qu'une association des possesseurs des terres; un intérêt commun a dû toujours les réunir. » Rulhières assure aussi que ce n'est point le gouvernement féodal qui subsiste en Pologne , mais un gouvernement plus ancien , celui des Francs , des Goths , de presque tons les peuples sortis des forêts du Nord , celui qui a précédé la féodalité. En effet , s'il est utile de comparer quelque autre organisation sociale à celle de la Pologne , il convenait bien mieux de l'assimiler au système allodial qui précéda la féodalité. Mais l'autorité de tant d'écrivains célèbres n'a pu rien contre cette foule irréfléchie qui , avec ses idées confuses , prêche Terreur. Ces illustres auteurs français parlaient de la Pologne moderne ; Hallam parlait de la Pologne du moyenâge. Je crois que les considérations précédentes sont à l'appui de son assertion , et les suivantes seront d'accord avec celles des autres auteurs dont j'ai cité l'opinion.