‹ Histoire de PologneChapitre 164 sur 369 · INFLUBNGB ÉTRANGÈRE APPRÉCIÉE PAR L'BSPRIT CIVIQUE; SECTES · texte numérisé non relu

INFLUBNGB ÉTRANGÈRE APPRÉCIÉE PAR L'BSPRIT CIVIQUE; SECTES

La plus forte influence étrangère , à cette époque , partait de la Bohême; celle de la Hongrie était moins remarquable. Plusieurs objets de commodité, comme lès voitures couvertes, l'usage plus fréquent de vin , vinrent de Hongrie; plus tard , l'habillement de quelques régiments et leur discipline se ré-gla à la hongroise. La loi hongroise du partage de la fortune paternelle , qui destinait le quart au x filles et les trois-quarts aux enfants mâles , fut adoptée par l'usage ou par la législation. La Bohême laissa plus de souvenirs de sa prépondérance dans le xiy« siècle. La Litvanie et la Mazovie imitèrent et introduisirent dans leurs institutions plusieurs règlements de la Bohême. Depuis le temps de Venceslav, l'administration

(*) Coœquatio juris, est le pivot sur lequel tourne toute activité civique de l'époque. Les rapprochements partiels ne sont que pour aplanir les obstacles locaux, ne sont que des interstices jusqu'à la coéquation générale : in hoc moribus et consuetudinibus approbatis et approbandis, tam diu, quoadusque oranes aliae consuetudines judiciarise universarum terrarum regni nostri . per nos vel successores nostros, aut eos quorum interesset , invicem coasquarentur (jus Fol. terrœ Drohic adscribitur 1516, in T. Dzial. zbior prav litev. p. 120.)

de la Bohôme laissa en Pologne ses traces. La monnaie subit une réforme, suivant celle de Bohême, et dans les temps postérieurs ne se détacha plus du système de TAllemagne , qui était celui de la Bohème. Les troupes mercenaires de Pologne étaient composées de gens de Bohême. Le brigandage que la noblesse exerçait en Allemagne , en Bohême, en Silésie, fut imité en Pologne sur les frontières de la Silésie , ayant des relations avec ce pays bohème. Ce scandale se prolongea jusqu'au règne de Kazimir le lagellonidc. Il était réprimé en Silésie et en Pologne, plutôt par Tesprit civique et l'opinion nationale que par des mesures de police. La Silésie bohémienne infecta aussi la Pologne de la fausse monnaie. La héraldique allemande créant celle de Bohème, forma aussi celle de Pologne. Le progrès du blason de la noblesse polonaise eut d'intimes liaisons avec les armoieries de la noblesse de Moravie et de Silésie. L'idiome de la Bohème fut très-répandu en Litvanie et très-estimé par les Polonais. La culture de la langue nationale éleva enfin unedigue au débordement de cet idiome. Les dissensions religieuses des hussites, qui tourmentaient la Bohème , et celles qui excitaient en Allemagne le luthéranisme et le calvinisme , firent leur invasion sur le sol de Pologne. Les décrets de Vladislav îagello sévissaient contre les hussites; cependant lui-même entrait en conventions avec eux. Les Litvaniens et les Polonais leur donnaient appui. Les dispositions sévères de Sigismond I fulminaient contre les hérétiques, cependant lui-même applaudissait aux lumières des novateurs. Quelques évèqiies étaient assez audacieux pour brûler quelques hérétiques (124) ; cependant tonsensemble étaient impuissants contre un prêtre marié (125). On défendait sousdes peines graves d'aller étudier les nouvelles doctrines à l'étranger , mais les dissidents de toutes sectes avaient leur domicile libre en Pologne; ils y discutaient leurs questions, tenaient leurs synodes; Sigismond-Auguste et la représentation nationale proposaient au pape une réforme afin de les satisfaire. Ces contrastes prouvent que le bon sens de l'esprit civique luttait avec le préjugé , arrêtait ses consé-

(124) Voyez ci-dessous, S 69.

(125) Stanislav Orzechovski.

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