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III. DÉMOCRATIE NOBILIAIRE

collectif : les barons. Il désignait un certain nombre, un corps de dignitaires ; maintes fois, sénat, barons, conseil, furent des

dislav-Herooan. Il était le seul pour tout le royaume, et 00 a'en voit qu'un sous Boleslav III ; après la mort de Boleslav III, on voit plusieurs palatins, parce qu'il y avait quatre duchés, et que chacun demandait à avoir son palatin particulier. A mesure que la Léchie allait se partageant en duchés plus nombreux, la quantité des palatins s'accroissait. Les ducs de Silésie supprimèrent cette dignité, mais elle se conserva dans le duché de Mazovie et dans tous les duchés réunis en un seul état par Lokétek ; il trouva deux palatins de la Petite-Pologne, ceux de Krakovie et de Sandomir; deux de ta Grande-Pologne, savoir, ceux de Poznan et de Kalisz (le troisième, celui de Gnezne, avait cessé d'exister). Le duché de Kuiavie, étant divisé plus que les autres, avait plus de palatins : ceux de Brzesc, d'Inovroclav, de Lènczica, de Sieradz, de Gnievkov; ce dernier fut en peu de temps supprimé , les autres prolongèrent leur existence jusqu'à la chute de la Pologne. La Poméraniedantzikoise avait aussi son palatin avant de tomber sous le joug teutonique. Ces palatins formèrent le noyau du sénat et de la diète du temps de Lokétek. Au nombre de ces premiers grands sénateurs. Il faut encore compter le castellan de Krakovie qui avait la préséance sur le palatin de Krakovie et sur tous les autres sénateurs séculiers. On ne sait point à quelle occasion cette prérogative lui a été accordée, il la prend pour la première fois vers 1350, et depuis cette époque il ne cède plus de sa prééminence, on le voit constamment précéder le palatin. En Mazovie, le nombre des palatins monta jusqu'à trois, ceux de Rava, de Plock et de Mazovie; depuis lors, les ducs s'abstinrent de les multiplier. Dans les terres russiennes, l'antique dignité du palatin du duché de Kiiov , cessa avec la ruine de la capitale attaquée par les Tatars. Le duché de Halicz, à l'exemple de la Pologne et de la Hongrie, avait aussi son palatin, qui, après l'incorporation de ce duché à la couronne, porta le titre de palatin de Russie. Les ducs de Mazovie instituèrent le palatin de Belz, étant en possession de cette terre jusqu'à 1462. Podolie fut changée en Palatinat en 1434; le reste des pays russiens, prussiens, litvaniens, livoniens, obtenait des palatins et des castellans à mesure qu'ils se réunissaient à la Pologne ou se rapprochaient d'elle. La Prusse dantzikoise, s'émancipant du joug teutonique, en eut trois. La Litvavanie, en 1413, constitua d'abord chez elle deux palatins, celui de Vilna et celui de Troki; puis elle ne put empêcher l'établissement de celui de Kiiov en 1470; plus tard, en ISW, elle créa, dans les terres russiennes, les palatins de Novogrodek , de Minsk, de Mscislaw, et elle con-

expressions identiques. Un baron n'indiquait qu'an membre du corps baronal. On n'appelait plus un dignitaire, cornes ou duœ, comme on disait anciennement. Il est probable, cependant, qu'à répoque où la féodalité pernicieuse fit son invasion en Pologne au xive siècle, plusieurs aristocrates s'arrogèrent le titre de comte, dans le but de le changer en titre héréditaire de famille , comme ils firent pour les armoiries , car une tradition populaire raconte l'accident qui les fit réfléchir. On saitqueKazimir-le-grand fit une malheureuse expédition dans la Valachie. Le danger auquel il fallait faire face à tout prix était épouvantable. Alors, dans les instants les plus chauds, les milites ou le peuple de la noblesse plaisantaient par des sarcasmes amers messieurs les titrés, et leur indiquaient le moment de mériter leurs honneurs, de se montrer dignes de la distinction qu'ils ambitionnaient. Depuis cet événement, la héraldique nationale nous assure que tous les titres particuliers furent abjurés et méconnus dans la noblesse (127).

sentit, qu'en 1500 à Vitepsk, et en 15il, àPolock, les palatins fussent institués et toujours élus par les suffrages des citoyens. Plusieurs palatinals sont formés en 1569 par l'acte de l'union de Lublin, nommément, ceux de Volynie, de Brzesc, de Lublin, de Braclav, de Podlasie. Du temps de Batory, en 1582, on créa trois palatinats en Livome, après 1660, il n'en resta qu'un. Les palatins de Czerniechov et d eSmolensk, parurent en 1635 et 1641, mais bientôt leur charge devint honoraire. Le palatinat de Gnezne ne fut recréé qu'en 1768 .

[127] Paprocki, historien versé dans l'art héraldique, et vivant au XVr siècle, qui reproduit cette circonstance dans ses ouvrages publiés en 1576, est une autorité incontestable sous ce rapport. En 1420, Elisabeth poloniaB regina, filium suum ex Vincentio Granovski susceptum-, Joannem de Piltza, a Vladislavo lagellone in comitera creari et suas ditioni nonnullos milites et nobiles circa oppidum laroslav consistentes quo suus comitatus diuturnior et solidior fieret, subiici et infeudari ordinavit. Dum autem litterae creationis hujus modi conscriptae forent, Àlbertus lastrzebiec episcopus Cracoviensis creationi hujus modi se constantissime opposuit, creationem et donationem hujusmodi, perniciem regno Poloniae allaturam omnis conatibus perosus, etiam ad vigillandum litteras velut cancellarius regni nullo pacto poterat induci.- Ejusque solius renitentia et oppositione creatio praefati Joannis de Piltza in comitem infesta est et abrogata [Dlugos., :^i, p. 426] .

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Il est beau que le statut de Vislica, distingue une gradation , et que la législation de Mazovie persiste plus longtemps à soutenir la différence entre slachcic et vlodika; ces différences devaient bientôt s'évanouir. Dans les provinces de lacouronne, cette inégalité subit sa coéquation par les privilèges de Louis^ par les pactes qu'on stipulait avec lui et par les modifications législatives du temps de lagello. La noblesse prit le nom de Tordre équestre , ordo equestriSf ricertsvo (de l'allemand Ritierschaft) (128} , et désormais toute inégalité dut disparaître. Chaque noble prenait certaines armoieries. Les Litvaniens et les Russiens imitaient cet exemple; les Russiens , inventant leurs propres armoiries et maintes communes, posada^ dont la population montait à plusieurs cent familles y se servirent des mêmes armoieries et du même nom. Toute la noblesse prit et fixa le nom de famille qui tire ordinairement sa dénomination de la propriété foncière en possession dans ce temps. De là , vient la terminaison si fréquente en M et eki (tzki) , ce qui répond à dt du latin et des idiomes occidentaux. Les Russiens aimèrent mieux adopter pour les noms de famille, leur patronymique terminé en vicz (vitchej. Les Litvaniens fixèrent le nom de chef de la souche pour le nom de famille , sans changer de terminaison (129). Toute la noblesse était également

[128] Antiquitus milites, nunc équités (Kromeri descr, Pol.] [1^9] En Pologne les familles prennent leur dénomination de la terre principale qu'elles possèdent, en en faisant un adjectif participe qui vaut notre de ; par exemple, nous disons l'archevêque de Gnezne, le palatin de Krakovie, et les Polonais disent, l'archevêque Gne%nien,\Q palatin Kràkovien, selon le génie de la langue latine , et cela sans exception aucune. Il en est des noms propres et des noms de famille comme des noms de dignité ; le seigneur de Potok, de Zolkiev, de Zamosc. s'appelle Fotokien, Zolkievien, Zamoscien, et cela se termine en ski, qui est la marque d'adjectif dans la langue polonaise. » C'est l'observation juste de Dalerac (anecdotes de Pol. , t. II, p. 282) . Aussi, palatin Krakovski, archevêque Gnieznienskî, monsieur Zolkievski possédant Zolkiev, monsieur Stobnicki, demeurant à Stobnica, dont la famille prend l'origine de Stobnica. Donnons quelques exemples de plus relatifs aux noms de famille : de Ritviany, Ritvianski; de Ostrog, Ostrogski ; de Tarnov, Tamovski ; de Zamosc, Zamoscski, la prononciation l'adoucit en Zaraoteki; de Olesnica, de Szidloviec, de Chmielnik ,

biasonnée, hleinot szlaehecki (130), avait le nom de famille , imie , et frateroisait par l'expression de frère , brat , brada. Le proverbe disait : le noble , dans sa métairie , est égal an palatin (131) , parce que , ni les richesses, ni les fonctions les plus élev^ées ne devaient déroger ou porter ombrage à Téga*^ lité et à la fraternité civiques.

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