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III. DÉMOCRATIE NOBILIAIRE

cieuse Liiyanie, enclavaDt presque toute retendue deTancien territoire russien, nourrissait une multitude de knez 9 kniaz , de populations princiëres. Le titre russien de kniaz , répondait à celui de duc ou prince , il était celui de la maison souveraine de Rurik et de celle de Gedimin. Quand ces deux familles nombreuses perdirent leur autorité souveraine , le titre , au lieu de disparaître devint le titre honorifique d'une multitude de particuliers. Le sénat de Litvanie , dans maintes occasions officielles donnait le titre de kniaz , aux sénateurs , chanceliers et autres dignitaires de la Pologne , qui n'avaient aucnn titre distinclif. L'esprit civique de la couronne , riait de cette qualité , et plaisantait en indiquant sa dérivation de sombres forêts de gros gibier, knieiéf comme si ces princes kniaz , avaient leur domicile dans les bois , comme les quadrupèdes forestiers^ L'union définitive de la Litvanie avec la^ Pologne , réduisit le titre de kniaz à la nullité et l'esprit civique persuada à toutes les maisons princières , tant litvaniennes que russiennes , de le négliger. Et chose singulière qu'i^ lui était plus facile de mettre en désuétude ce droit indigène et invétéré , que d'arrêter la contagion étrangère que plusieurs aristocrates inoculèrent chez eux au XYI» siècle (132).

[132] A Tépoque de Tuaion définitive de la Litvanie avec la couronne, le principe d'égalité nobiliaire faisait quelques concessions aux titrés de la Litvanie, aussi a-t-on promis de ne pas empêcher les familles princières des terres de Tolyni*), de Braclav, et de Kiiov, de prendre des titres de prince, kniaz [vol. leg. II, p. 157, 164] . Dans les actes de l'union, en 1564 et 1569, on accorde ce titre nommément aux Ra- ^ivill [prince de l'empire], Zbarazski, Visnioviecki [avec lesquels les Zbarazski sont confondus], Czartoryski, [tous réputés princes de la maison de Gedimin] et Ostrogski [de la maison de Rurik] [vol. Il, p. 170, 172]. Encore, a-t-on toléré le titre de comte de Tenczinski et d'Olesnicki (tbid.J Tous ces titres ne donnaient aucune préséance, prééminence ni prérogative. L'évêque de Varmie, prince de l'empire, entrant dans le sénat de la république, de bon gré négligea son titre ; l'évoque de Krakovie, duc de Sievier y siégeait sans aucun autre titre que celui d'évêque, il s'était résigné à s'en priver. A cette époque, on ne permit pas au primat de prendre le titre de prince. Dans le sénat, il n'y avait que leduc de Prusse de Konigsberg avec le titre princier, ce qui fàchaitrordre équestre et le sénat, on n'aimait pas sa présenee parce qu'il

Par des pactes de familles, plusieurs voulaient établir un ordre exceptionuel de succession, contraire à loi générale afin d'assurer la splendeur de leur maison dans la personne du prenaier né , ils cherchaient a ériger des majorats appelés ordination. Pour la plus part ces arrangements furent désapprouvés et abrogée, mais Zamoïski lui môme donna le mauvais exemple de majorât , qui prit de la consistance. Les autres se ^ procuraient des titres étrangers pour leurs familles , et le titre de comte s'établît clandestinement dans quelque maison aristocratique (133). Le grand Zamoïski même , qui refusa en républicain le titre de prince , voulut dans son âge avancé , obtenir le titre de comte , afin de se mesurer en duel avec Charles duc de Sudermanie prince, usurpateur de Suède. Ces titres illustraient certains ambitieux dans les pays étrangers , mais entachaient leur civisme dans leur propre et il y en avait très peu qui eussent osé en faire parade au sein de la république. Il eût été dangereux pour eux de contrarier la fraternité.

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