‹ Histoire de PologneChapitre 188 sur 369 · LIBERTÉ DONT JOUISSENT LES POPULATIONS ETRANGERES · texte numérisé non relu

LIBERTÉ DONT JOUISSENT LES POPULATIONS ETRANGERES

Terre hospitalière, renommée par sa liberté, ouverte à tout le monde , déjà peuplée par diCTérentes races de divers cultes, dont les rancunes réciproques expirèrent sur un sol paisible et serein, la république voyait s'opérer la formation de petites peuplades par suite de l'affluence et du concours d*une foule d'étrangers de différentes nations distinguées par leur haute civilisation et leurs lumières. Les Valaches y erraient avec leurs troupeaux (149). Les Israélites Karaîtes, calmes et laborieux» établis en Litvanie, y trouvèrent une juste protection. Les Bohémiens on Cygani apparurent en Pologne vers 1500 , et jouirent d'abord de leurs mœurs sauvages en toute sécurité C). Ce n'est que lorsqu'on éprouva leurs vices que la loi en 15d7, 1563, 1578 , voulut les faire bannir. Le pafatinat de

(149) Yalachi a quolibet oentenario ovium par sex grosses dabuat (contributio anni 1472.)

(*) Yidelicet tam nobiles quam ignobiles, Rutfaeni, Judaoi, Armeni, christiani et pagani (jus Pol. terrse Drohic. adscribitur, a. 1516, in Dzialyn. Zbior prav litev. p. 119). Il est probable que ces pagani sont les ciganiens, qui se sont de bonne heure répandus et établis en Podlachie, où il y avait de belles forêts qui touchaient aux immenses forêts vierges de Bialovieza.

Podlasie s* y opposa. En 1607, la loi» trop sévère, fut abrogée» et une police particulière les surveillant avec un certain succès, rendit leur séjour moins nuisible (150). Les Tatars mahométans, colonisés en Lilvanie, par Vitovd depuis 1397, jouirent de franchises bien méritées. Us disaient, en 1519, au roi Sigismond,que leurs coreligionnaires et leurs compatriotes de la Krimée et de Kaptchak savaient bien qu'ils n'étaient pas étrangers parmi leurs amis litvaniens. Leurs régiments se rangèrent dans Tarmée nationale, et par l'union de laLitvanie avec la couronne en 1569, la propriété foncière qu'ils possédaient leur fit partager toutes les prérogatives civiques de la noblesse; la république trouva chez eux de bons républicains et de dignes fonctionnaires. Dne association belliqueuse, connue sous le nom de Kozaks , se formant d'abord dans les cantons moins peuplés de la Podolie, ensuite à Tabride Tonde et des cataractes du Dnieper , on en tira un avantage pour l'état, en la considérant comme un poste militaire qui devait couvrir le pays contre les irruptions des hordes nomades. Les Israélites juifs talmudistes, privilégiés à leur aise, peuplaient toujours sur tous les points l'immense étendue de la république ; orgueilleux de leurs spéculations et de leur industrie, malgré quelques vexations auxquelles ils étaient sujets, ils vivaient dans l'opulence , considérant la Pologne comme leur paradis terrestre (151). Les Arméniens durit uni, réfugiés ou

(150) La majorité des Ciganiens était fixée et domiciliée» elle était responsable du larcin commis par sa race. Les bandes vagabcoides étaient aussi soumises à an certain contrôle. Une espèce d'administration de cette population s'organisa, dont le point central se constitua en Litvanie, où plus tard, dans la ville de Mir, résidait leur haute justice et leur roi du choix et de la nomination des Radzivill qui se nommèrent protecteurs des Ciganiens , dont le plus grand nombre trouvaient asile dans leurs immenses domaines.

(151) On trouve encore en ces provinces (Russie et Podolie) une grande quantité de juifs qui n'y sont pas méprisés comme en plusieurs autres endroits. Ils n'y vivent pas misérablement des lâches profits de leurs usures et de leur services, quoiqu'ils ne refusent pas ces sort s de gains, mais ils possèdent des terres, s'occupent du commerce et s'appliquent même à l'étude des belles lettres, particulièrement à la médecme et a l'astrologie. Ils ont presque partout la commission de lever les

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