‹ Histoire de PologneChapitre 187 sur 369 · DÉFENSE DU PAYS · texte numérisé non relu

DÉFENSE DU PAYS

Toute idée de conquête ou d'agrandissement exclue , il ne restait pour les guerriers que la défense du pays et de leurs libertés. On avait de la répugnance pour des expéditions invasives ; dans ce cas, la levée devait être payée et ne pouvait rester long-temps au-dehors des frontières , Texpé^ition devant être terminée en trois mois. Les levées partielles des provinces et des palatinats suffisaient ordinairement pour faire face au danger. Aussi, les levées générales, pospolité ruszénié, étaient très-rares et devinrent beaucoup plus rares encore depuis que la république se fut constituée dans l'unité des deux nations. Ce système de la levée fit languir quatorze ans (1454- 1466] la guerre de Prusse dans laquelle les troupes soldées étaient en très-petit nombre, et dans laquelle les levées des indigènes ne brillaient que par des exploits passagers. Encore pensait-on, à cette époque^ à introduire une gradation de la levée relative au danger de l'état. La noblesse devait être toujours prête à prendre les armes au moindre danger ; si la la république était menacée plus gravement , alors les bourgeois devaient se réunira la noblesse, et ce n'est que dans des périls imminents que les kmetons et toute la population devait être armée pour sa défense (147). La chose cependant resta sur l'ancien pied jusqu'au temps de Sigismond-Auguste. L'intérêt de la Litvanie se rattachant toujours plus intimement à la Pologne, provoqua l'organisation d'une armée fixe. Les secours des Polonais pouvaient à l'avenir préserver la Litvanie des pertes qu*el1e avait essuyées , mais ne pouvaient couvrir ses vastes frontières à tout moment. Les Litvaniens , pour leur sécurité, eurent recours à l'armée régulière , et , en 1551, donnèrent l'exemple à la Pologne d'une armée permanente. En attendant, en Pologne, dans Tannée 1544 et les suivantes, on prescrivait les règles de la levée, son armement, son exercice, ses revues dans les palatinats et terres (148) ;

et scultetorum agri, ab ea quoque pensione (a daobus grossis), immanes sunt(Kromeri desor. Pd.)

(147) Ostrorog vers 1450.

(148) londwefer d'aujourd*hui.

IIL DÉMOCRATIE NOBILIAIRE. 111

tsnfin» à répoqoe où la législation, saisie de la réorganisation de la république, voyait Tétai menacé de la guerre au sujet de la LiroDie, on organisait une armée permanente, et on décrétait, en 1562, un fonds fixe pour la soutenir.. Ce n'était plus une troupe de mercenaires étrangers ou de volontaires indigènes que le chef de Tétat soldait, mais une armée nationale , qu'on nommait quartuaire ; elle était renforcée par d'autres régiments, formés ou licenciés à mesure du besoin de l'état. Dans cette armée, la cavalerie était composée en entier de l'ordre équestre; l'infanterie était recrutée parmi les non-nobles; on y admettait les étrangers : l'ordre équestre avait de la répugnance à y Servir A pied. Les efforts de Batori et de Zamoîski diminuèrent la prévention sans déraciner le préjugé. On admettait aussi les étrangers dans l'artillerie. L'organisation définitive de Farmée eut lieu sons le règne de Batori.

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