LA BOURGEOISIE DIFFERE DES INDIGENE
Malheureusement, l*égalité établie dans l'ordre équestre, la coéquation entre les provinces et le principe de fraternité ne purent jamais s'étendre à tous les habitants ni détruire toutes les divisions et distinctions dont la nation était infectée. La plus grave qui se présente à tout moment dans l'espace de cette période de prospérité et dans le cours de la période suivante, estentre l'ordre équestre et l'ordre bourgeois. Malheureusement, rien ne pouvait effacer l'origine étrangère des villes, et des circonstances favorables ne se présentaient pas pour amalgamer ou rapprocher les deux partis ; une lutte se perpétua, pernicieuse à l'état. Les capitales , ramenées du temps de Lokétek à la raison par la force nationale indigène, virent avec contentement les années les plus prospères pour les villes sous le règne de Kàzimir le- grand. La bourgeoisie,
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appelée coujolotement avec la noblesse aux affaires publiques (en 1336. 1343, 1356), forma, sil'oD veut, le tiers-état qui s'est placé entre la noblesse et les paysans, et acquit une représentation dans les assemblées et les délibérations nationales (166). L'assistance des représentants des villes n'était cependant pas. prescrite ni fixée, sujette aux accidents variables qui retardaient ou accéléraient le développement des formes législatives et représentatives. La coopération des bourgeois aux affaires publiques devint moins manifeste dans ce développement exclusivement terrestre. 11 n'y a pas de doute , cependant, que les députée des villes , plus ou moins nombreux , venaient aux élections des rois , aux couronnements , assistaient à maintes conventions des provinces et aux diètes ou assemblées générales. Mais ordinairement, on y discutait sur la législation commune nationale, sur l'administration et sur ta juridiction terrestre, sur les impôts fonciers , sur les relations entre les indigènes, terrigènes et leur service militafre, ce qui ne regardait guère les bourgeois; dans presque toutes les affaires qui occupaient les diètes, les députés des bourgeois ne devaient avoir qu'une présence muette. Leur isolement et leur nullité est attestée par tous les actes émanés du corps législatif; la moindre mention delà présence des bourgeois ne s'y trouve pas; dans les privilèges même relatifs aux indigènes, on ne les voit pas comptés au nombre des indigènes (t57); car les bourgeois étaient privilégiés séparément comme s'ils étaient d'une race étrangère à la nation polonaise (158). Sous tous les rapports, les habitants étaient divisés en deux classes: bourgeois,industrieax, gens de métier, sédentaires ; et iiidi* gènes militaires, cultivateurs, coureurs de pays. Leur commerceétait relatif à leurs différentes professions, leur manière
(156) Voyez note ci-dessus 81.
(157; C'est par une exception extraordinaire qu'en 1453 la confirmation des privilèges données par Kazimir lagellonide , ajoute ; « burgenses, ac tota communitaspopulprum incliti regni.
(158) Dans le duché de Mazovie, en 1448 ou en 1458, on rencontre un privilège du duc Boleslav donné en commun, dignitariorum, nobilium, militum, terrigenarum, civium, oppidanorum et villanorum seu. kmetonum (Bandtke jus pol. p,456).
de vivre, leur état social, leurs prérogatives réciproques, leurs lois, leurs préventions mutuelles qui les séparaient, leurs idées monopolisantes, tout isolait les bourgeois des indigènes. Les bourgeois, au sein de la représentation nationale, s'ennuyaient, ils s'absentaient, négligeaient de fréquenter les diètes, comptant sur le roi qui jurait de maintenir l'intégrité de leurs privilèges ; par leur propre indifférence , ils perdaient l'influence qu'ils devaient avoir lorsque les législateurs nationaux agitaient les questions qui touchaient à la condition des villes et des bourgeois. Les diètes décrétaient les impositions que les bourgeois devaient payer à Tétat; elles prononçaient sur le commerce, sur la police des villes; enfin, elles allaient réviser la loi teutonique.