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III. DÉMOCRATIE NOBILIAIRE

pale fut donc circonscrite dans des bornes pins justes » et , quoique Si gismond- Auguste lui-môme^ en 1552^ reconnut que l'hérésie était du ressort des tribunaux ecclésiastiques , cependant les évèques , considérant l'énergie de Tordre équestre> se modérèrent, cédèrent à des circonstances majeures et n'osèrent.plus fulminer les anathémes; ni appeler à leur cour les opinion^ que la noblesse discutait. Ils restèrent dans le sénat, d'où l'on a voulu les faire sortir; ils y restèrent chefs de la même souveraineté nationale qui humilia leur pouvoir ecclésiastique; gardiens des institutions qui se soulevaient contre leur prérogative étrange. Dans les siècles précédents, où Rome, arbitre du monde, faisait trembler les puissances , le clergé, toujours à la tète de la politique nationale , soutenant maintes fois l'indépendance de l'état , proclamait que l'autorité politique de la cour de Rome n'avait aucun pouvoir en Pologne , que l'anathéme du pape, comme acte politique, n'y aurait point son effet; ils observaient leurs doctrines, leurs pratiques locales: ils reconnaissaient Tautorité du concile audessus du pape , mais le respect pour sa suprématie hiérarchique, les démarches infatigables de la cour de Rome , entraînaient le clergé polonais dans d'innombrables relations et dans une sujétion qu'alimentaient l'intérêt et l'ambition. La cour de Rome devint presque seule distributrice des prélatures et en retira des sommes très-considérables. Lorsque les institutions républicaines mûrirent^l'esprit civique se fâcha do cette exploitation, il s'offensa de ce que la haute dignité des sénateurs dépendait de la nomination étrangère. Une lutte très-courte, mais décisive avec la cour de Rome , en 1460 , transféra au roi la nomination aux évêchés ; une semblable conclusion eut lieu concernant la nomination des abbés; l'autorité de la cour de Rome y fut déterminée par des conventions et des revenus circonscrits. Les anciennes exactions , connues sous le nom d'annales, et l'antique capitation pour la lampe de Saint-Pierre furent supprimées (155). Le clergé ,

damnés de même par l'archevêque de Gnezne Dzierzgovski, entre 1445 et 1559; un Krupka Przeclavski, proscrit par André Zebrzidovgki. évêque de Krakovie, entre 1550 et 1560.

(155) La composition de 1539 amortit ce tribut smèntopietrze, qui, dans les dernières années, ne montait qu'a 24,500 francs.

116 CONSIDÉBATIONS, 1374—1607.

suivant le sentiment national, évitait le c<»aciie de Trente, et ne s'empressait guère d'entrer dans des contestations étran gères. L'idée de la réforme et de la séparation de l'église nationale de la cour de Rome était nourrie et liautement soulevée parles catholiques les plus orthodoxes. La Pologne n'a inventé aucune hérésie , mais elle ne fut indifféreate à aucune des doctrines qui trouvaient un asile chez elle. Le luthéranisme, les frères bohèmes, le calvinisme , le zvinglianisme, le socinianisme, se répandirent en Pologne et en Litvanie, et s'installèrent dans toiutes les classes d'habitants; la noblesse, lesbourgeois, jusqu'aux kmetons,les embrassaient et i&e divisaient dans leur choix. Les bourgeois, plus disposés pour t'Allemagne, aimaient mieux le luthéranisme. Les indigènes étaient plus enclins au calvinisme et au sôcrnianisme. Les amateurs de nouveautés, animés dans leurs disputes , se rapprochaient ou se séparaient. M'algréranim'osité desdiscussiou's, tolérer et fraterniser servait souvent de mot de ralliement. La cour de Home se trouva dans une perplexité terrible; à chaque moment, quelque accident imprévu pouvait décider si la Pologne deviendrait protestante ou resterait catholique.

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