MÉGONTENTEBIEIVT DES VILLES DE PRUSSE
Les éléments de discorde , s'accumulèrent singulièrement dans la Prusse , oh la querelle devait se vider Tépée à la main. Les villes de cette province, plus florissantes, plus commerçantes , riches de leur industrie , de leur négoce ; mieux bâties , depuis la guerre avec les chevaliers leutonitjues agaéries et bien fortifiées , avaient plus de ressources et de moyens pour faire résistance à Tordre équestre. Ces villes, dotées de privilèges par Kazimir lagellonide, avec une largesse remarquable , n'étaient pas empressées à se réunir à la Pologne , sans faire auparavant de profondes réflexions. Réunies , elles partageaient dans la province comme second ordre, toutes les prérogatives civiques et politiques de la noblesse . La bourgeoisie des grandes villes entrait dans le sénat de la province et les députés des grandes et des petites villes, s'assemblaient dans la même diète avec les nonces terrestres. Bourgeois et nobles observaient la même loi teuton i que et dans les grandes villes, la population allemande avec
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sa langue allemande prévalat et Inspira des sympathies pour l'Allemagne. Des discordes et des haines , sont connues entre différents idiomes et elles étaient invétérées entre l'idiome polonais et l'idiome allemand. «Malgré l'aversion mutuelle, et l'avis des hommes d'état, qu'il fallait empêcher la langue allemande de s'établir en Pologne (179) ; malgré le danger évident auquel la nationalité s'exposait et les conséquences prouvées par des événements bien déplorables , l'ancienne malveillance des villes qui reprirent leur sentiment national, et la perte de tant de pays qui se firent germaniser: les frontières de la Pologne furent toujours ouvertes aux allemands etles polonais se montrèrent toujours disposés à déposer leurs préventions contre eux et à les recevoir dans la fraternité. Les grandes villes de la Prusse, méconnaissant cette disposition, régies par des magistrats de la race allemande, considéraieut alors les polonais comme étrangers, elles excluaient môme de leurs ateliers les ouvriers de cettenatlon (180). Et lorsque l'empire d'Allemagne vit avec aigreur la domination des polonais sur la Prusse, se fondant sur ses droits qu'il ne pouvait appuyer de bonnes raisons (181), alors les grandes villes de la Prusse, semblaient regretter et supporter avec chagrin leur liaison avec la république. La plus considérable d'entre elles, Dantzik, une des plus puiss^te dans la Hanse,honorée du titre d'amiral de la Pologne, manifestait delà manière la plus fâcheuse son humeur ; dans son enceinte, tous les motifs de mécontentement allaient se concentrer. Les villes de Prusse n'osaient point reclamer le droit de naufrage, comme le firent depuis, celles de Livonic , malgré les ordonnances réitérées des rois
(179) Quoniam autem sirnt interquaedam alla, fit ita inter bas duas linguas, natura veluti quandam perpetuam, discordiam odiumque in serit, hortor , ne in Polonia sermo iste praBdicetur, dit Ostrorog, vers 1450. — ^Le proverbe polonais répète : jusqu'à la fin du monde, le polonais avec l'allemand ne fraterniseront jamais. » Poki sviat sviatem Polak Niemcovi, Niemiec Polakovi, niebèndzie brafem.
(180) Cîvitates a consulibus et quidem germanicae linguae et sanguinis reguntur. Polonos enim pro extemis habent et neque ad artes mechanicasperdiscendas admittunt (Kromeri descr. Pol).
(181 ) Aegre ferunt Germani Polonum imperare Prutheno , jusque suum repetunt ex albo nescio quo, imperii sui ( Modrzevski, p. 171).