LES KMETONS SONT DES CULTIVATEURS LIBRES
Le roi Louis ^ dans ses pactes conclus avec la noblesse en 1355 et 1374, et par lesquels il promettait aux habitants du royaume de ne les point imposer sans leur consentement , fait cette promesse aux nobles aussi bien qu'à leurs iobagions et habitants de leurs domaines et de leurs maisons, nobiles et eorum johagiones populos et inquiUnos ; \\ explique que les habitants ou la population des domaines nobiliaires qu'il appelle iobagions , sont les kmetons , ipsorumqtie populum , kmetones seu ivagiones. Cette dénomination hongroise dont s'est servi Louis pour désigner les kmetons, indique les hommes libres et leur qualité civique (182). La législation de cette époque et les actes politiques respectaient leur ancienne condition. Elle est d'autant plus explicite qu'elle parle suivant la loi romaine ou impériale des serfs privés de la liberté , qui sont dans la possession de leur maître , qui ne peuvent pas
( 182 ) Privilégia Lodovici, in jus polonicum edit. Bandtke, p. 157. 186. On a encore l'appellation de lobagiones (par erreur robagiones) attribuée aux kmetons dans une charte de 1381 (voyez Nakielski mieiîhovia, p. 317). Johagio , iovagfto, t vagi to, désignait en Hongrie un homme libre, s'appliquant à toutes les classes; l' iobagions, sont les honmies qui cultivent la terre d'autrui à certaines conditions, égaux aux affranchis libertini, ils sont colons et citoyens cives du district ; 2', iobagions, sont libres, militaires, iobagiones castri ; 3°, les nobles sont iobagiones ; 4', les barons ou seigneurs et fonctionnaires sont aussi iobagions ; enfln, 5', iobagions, sont les quatre haut dignitaires : palatinus, ban et deux comités palatii. — Lorsque l'historien du XIII* siècle. Vincent, fils de Kadlubek (cap. 24, p. 815), dit que le duc de Halicz Romain, à peine installé dans son duché par Leszek le blanc, tum galiciensium satrapas etjubagionum florentissimos incautos occupât et tru - <;idat, quoedam vivos terras infodit, certes, il ne parle pas de iobagionskmetons, mais des iobagions nobles de la haute classe.
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devenir libres sans raffranchissement (183). Elle dit qae les sages ont institaô les érections de vola (libertas), ou des colonies,afin d'utiliseriesterres incultes par le défrbchement(184). Ces terres en friche, confiées pour un certain nombre d'années aux colons, furent pendant cet espace de temps affranchies de toutes exactions royales et ecclésiastiques, de dtmc payée en argent ou livrée en gerbe et de dlmc de miel , à Texception du colombage, des contributions de froment destiné au desservant de la paroisse pour la célébration dos offices divins, enfin des contributions du denier de saint Pierre (185). Ce ne fut qu'après quelques années qu'on les obéra quelquefois d'impôt extraordinaire (186). Les seigneurs étaient maîtres d*érigerde semblables colonies, vo2a, et d'établir leurs serfs où il leurplaisait, afin d'augmenter les cultures et les hérédités ou villages (187). Nous avons déjà fait observer que cette sorte de nouvelles érections et de vola, étaitia forme de l'affranchissement. C'est pourquoi ces serfs affranchis sont ap* pelés dans la langue vulgaire, tantôt servi teurs,4/u^i, eu égard à la condition de laquelle ils allaient s'affranchir, tantôt libres
(183) In lege imperiali continetur, quod servi illiberi aut ancillae, non possunt nec valeant de manibus dominorum suorum iiberari , nis per eosdem fuerint manu missi et libertate donati (stat. 1420, art. 31, p. 219.) Item familiares et tamuli serviles, a quolibet fertone sui pretii duos grossos (oensus anni 1456, occasione belii, in Raczyn. cod, dipl. Maj. Pol. cxxvii, p. 176).
(184) Libertas ad hoc per sapientes est inventa ut silvaB et nemora ubi modicae sunt utilitates vel proventus, extirpentur et ad ampliores utilitates reducantur (stat. 1420, art. 23, p. 215; conf. art. 31, p. 219).
(185) Denovalibus et villis de novo locatisetagris exstirpatis, non manipulatim décima dari debeat, sed solvicum certa pecunis qualitate (compositio in Mazov. de a 1856 , in Raczyn. cod. dipl. Maj. Pol. xcviii,p, 115), Homines in vilbs terrigenarum, Ubertatem habentes, durante eidem libertate, et non ultra, ab omnibus exactionibus regalibus et censibus écoles. . . etc. (stat. 1493, art. 24, p. 317).
(186) Hommes sedentes in libertate, a tribus annis, in subsidium per fertonem de quolibet laneodabunt (contributio de anno 1456, p. 196).
(187) Servos illeberos, dominas ubi vuît locare potest, acquirendo haereditatem novani, peripsos erigondam (stat, 1420, art, 31, p. 219 ; confer. art. 23, p. 215).
volni, eu égard à la condition acquise. Ils sont serviteurs d'orrgine et jusqu'à la fin de leur possession de vola ; ils sont libres, parce qu'ils se trouvenl déjà dans l'intervalle de leur affranchissement , jouissant de vola (188). C'est ainsi que s'explique cette synonymie-contraste : jouir de la servitude ou de la liberté (189). Les statuts de cette époque ne connaissent guère de dénomination et de gradation , d'ascriptices et d'originaires dont se servaient les chartes anciennes et que le langage vulgaire de quelques écrivains et annalistes n'avait pas encore oublié (190); mais ces statuts appellent les hommes établis dans ces érections nouvelles, kmetons, comme tous les cultivateurs des domaines royaux , ecclésiastiques et nobiliaires, furent nommés kmetons. Une coéquation devait, par conséquent, s'effectuer dans la classe des indigènes non-nobles à l'avantage de la liberté. C'était que le peuple, popti2u$, plebs, dont la condition toute dépendante le faisait sujet, subditus, des seigneurs des domaines, devait cependant jouir de la loi terrestre, aussi bien que les nobles.