‹ Histoire de PologneChapitre 225 sur 369 · PBEKIEA CHEF POPULAIBE · texte numérisé non relu

PBEKIEA CHEF POPULAIBE

Au milieu de ces conjonctures, parut surla scène nationale, un homme qui, par son immense influence, inspira ses opinions et ses doctrines à la république et régla son avenir. C'était Jean Zamoiski. Il avait fini ses études à l'université de Padoue, où il avait été investi des honneurs du rectorat; élève de Sigonius, il publia en 1563 un ouvrage sur le sénat romain. De retour dans sa patrie, il comptait sa trentième année, lorsqu'on 1572, arriva la mort de Sigismond- Auguste, et l'élection que les deux nations réunies devaient, pour la première fois , effectuer ensemble. Sa proposition portant que chaque noble, chaque citoyen était électeur et éligible , que chacun devait donner son suffrage , lui créa une popularité colossale, lui créa une influence immense et inaltérable dont il jouit tout le reste de sa vie, et qui le présente dans l'histoire de Pologne comme le premier chef d'un parti et du pq^uple (290). Dans les différentes phases de la république qui se suivirent dans l'espace de trente ans, il fut moteur , agitateur , régulateur, arbitre des affaires publiques , selon que les circonstances le demandaient, et que ses plans, ses conceptions le lui dictaient. Philologue romaniste, il trouva déjà de savantes comparaisons entre la république de Pologne et celle de Rome;

[Z>S9] Jean- Jacques Rousseau, dans ses considérations sur le gouver • nement de Pologne, consacre un chapitre à la question des trois ordres, et n'y voit qu'un seul ordre équestre souverain.

[290] Rei vodzi, celui qui dirige la multitude, la masse, l'assemblée sans être chef; mais par l'autorité que lui donnent son activité et son ascendant décisif sur le cercle civique.

que la langue latine, employée jusque vers cette époque dans les aetes publics, avait suggérées aui hommes versés dens rétude de l'antiquité. Il s'empara de cette îdée« il la perfectionna, la consolida, et, pour ainsi dire, mit la Pologne dans le moule romain ; il subordonna sa patrie à la république romaine, dont il appliqua les institutions par analogie, donnant rinterprétation romaine aux institutions de Pologne. Lui* même, il toucha les points les plus importants, donna aux uns des explications, mit les autres en œuvre , et laissa aux amateurs et aux intéressés le reste, c'est-à-dire, à achever l'assimilation des détails, et à la mettre en pratique.

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