SOUVERAINETÉ DU PEUPJLE
Aq moment de la mort de Sigismond- Auguste, de grand? changements se sonteffectués dans la république. Par Tunton récente de la Litranie , la chambre des nonces devenait plus nombreuse , de pins du double , car au nombre des représentants des anciennes parties de la république qui montait à 95, les palatinats nouvellement unis ou incorporés h la république, donnaient 89 nonces terrestres , sans y compter ceux de la Prusse. Aussi aux élections du roi les suffrages se sont énormément augmentés. Les nouveaux citoyens et représentants multiplièrent nécessairement les difficultés des assemblées, tantôt par la timidité de leur parti populaire, tantôt par la méfiance de leurs aristocrates; ils cédaient aux anciens l'initiative et la première décision; ils y adhéraient , ou ne montraient que des décisions incertaines. La Litvanie particulièrement , dans maintes occasions , donna des preuves de cette hésitation et de cette irrésolution. Dans les interrègnes, la représentation nationale sans chef, établit des lois fondameutales , les regardant comme le palladium de la liberté. Le roi élu faisant la capitulation avec la nation . acceptant les conditions que lui prescrivaient les pactes convenus, pacta conventa^ devait jurer d'observer les lois fondamentales. C'était donc une législation, qui ne résultait, ni de privilèges, ni de statuts sanctionnés et promulgués par le roi, mais émanait de la seule souveraineté du peuple qui Tiniposaitau chef choisi. Jusqu'à ce moment les lots , disait-on avaient été établies par les trois ordres de la république , par Tordre équestre , par le sénat et par le roi. Les lois fondamentales furent décrétées par les deux ordres de la nation sans que le roi y contribuât. Il ne manquait pas de personnes qui exerçaient leurs doctrines afin de déterminer comment elles étaient obligatoires. La nation ne raisonnait guère et tenant ferme sur ce point , ne pensa jamais à soumettre à la sanction » ce qu'elle avait statué par sa volonté toute puissante. Cette question en souleva une autre , relative au chef de l'état et aux ordres de la république. Il était évident que la nation , tout en attribuant ce titre de troisième ordre à son chef f après avoir mani-
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festé arec indépeodance sa suprême volooté législatire > prouvait la nullité de cet ordre : par conséquent il n'y avait selon quelques uns que deux ordres et le roi n'en composait aucun (289). Ce point resta toujours chez les publicistes et les hommes d'état comme une énigme irrésolue dans la constitution de la république. Quant à la nation, elle ne discutait pas sur cette question, elle jouissait de sa souveraineté selon son bon plaisir et savait tenir le chef de l'état sous sa dépendance.