‹ Histoire de PologneChapitre 25 sur 369 · Les Rosses combattent les confédéré · texte numérisé non relu

Les Rosses combattent les confédéré

La guerre s'étant donc déclarée, ne cessa de ravager le pays jusqu'à la cinquième année. La confédération de Bar avait pour but de délivrer le pays, de Tagression de la Russie, et la constitution, delà garantie étrangère, qui privait la nation de Tusage du pouvoir législatif; de reconquérir rindépendance et la souveraineté ; elle prit les armes, au nom de la liberté et de la religion ; au nom de la religion le sang allait couler plus abondamment qu'au nom de la patrie. Les autres confédérations se formant dans le même sens, se réunissaient et accédaient à celle de Bar, ou agissaient indépendamment pour leur propre compte. Longtemps ces soulèvements partiels, n'eurent pas de point central et manquèrent d'un chef capable de diriger leurs mouvements. Ck)mme elles oe se formaient pas à la fois, mais successivement, cela donnait une grande facilité à l'armée russe répandue dans tout le pays, de di&perser les confédérés qui manquaient d'armes et de munitions. Dans le courant de ces années,lesconfédérés comptèrent beaucoup de revers ; leurs déroules continuaient mais ils n'étaientpas abattus, etàchaque déroute ils étaient capables de se présenter aux Russes plus formidables, plus expérimentés et plus exercés. La guerre pour les Russes devenait fatigante et plus dangereuse. Il leur fallait combattre par détachements les nombreux partisans et empêcher le soulèvement possible de toute la nation. Repnine ne laissait pas échapper de ses mains l'empire qu'il exerçait sur le roi et sur toutes les autorités de la république. Il désarmait les pouvoirs du pays dont il se méflait; il retenait dans l'inaction l'armée polonaise , à Pexceptioa d'un faible détachement, commandé par Xavier Branicki, destiné à agir contre les confédérés, car il sentait bien

qaç les militaires nationaux rai^rochés des confédérés aaraient fraternisé avec eax comme il était arrivé maintes fois dans certaines occasions, lorsque les détachements de l'armée nationale se trouvaient en contact avec les confédérés. C'était une guerre intérieure mais non pas intestine. L'armée russe agissait seule contre les confédérés el livrait journellement sur tous les points de nouveaux combats ; elle couvrait avec toutes ses forces la capitale, résidence du roi et centre de Tarmée nationale. Dans l'espoir d'étouffer l'embrasement dès sa naissance, un renfort considérable, avec le détachement de Xavier Branicki, furent dirigés contre Bar, vers la Podolie et ITJkraïne.

5ft* Massacres de l'Ukraine excités par l'Impératrice. Drevitch, 1768.

En même temps un autre expédient s'était présenté à l'impératrice pour détruire la confédération; comme le soulèvement qui s'était déclaré au nom de la religion devait combattre les dissidents conspirant avec l'ennemi du pays, et comme le nonce du pape qui appelait à la défense de l'église outragée, envenimait le fanatisme religieux , l'impératrice sut en tirer tout l'avantage possible contre la noblesse catholique; elle arma le peuple désuni. Les émigrés des Zaporoges conduit par Zelezniak, portant l'oukase de l'impératrice,se répandirent dans des cantons désarmés de l'Ukraine, répandant le brigandage et le carnage , appelant le peuple au nom de la religion opprimée. Leur marche grossissait en nombre et en massacres. La défection de Gonta , kozak au service de la garnison de Human , livra cette place à la boucherie du fanatisme. Tout ce qui s'étaitréfùgiédans cette ville fut impitoyablement égorgé, le 24 juin et jours suivants de 1768. Le sang coula à grands flots, l'humanité gémit sous des cruautés horribles et hideuses, et un évèque russe courut bénir, au nom de l'impératrice et de l'orthodoxie, le peuple ivre de ses excès.Il fallut que les Russes même allassent réprimer sa fureur. En effet leur armée et celle de Pologne réunies, commandées par Joseph Stempkovski, mirent lin à ces atrocités , par de sévères punitions. L'enquête compta

1$0,000 victimes égorgées, et les exécutions montèrent à plusieurs centaines. Tout y était déjàcalraé, un silence lugubre régnait et les fuyards revenaient , lorsque Tannée suivante, 1769, un autre chef kozak, Tymienko, soupçonné encore de connivence avec la Russie, renouvela ces horreurs. Mais ce carnage produit par le fanatisme révoltait l'humanité , les cruautés que commettait l'armée de ligne russe, nommément sous les ordres du colonel Drévitch et deRen, présentaient un tableau non moins exécrable. Encore ils respectaient les militairesqui tombaient dans leurs mains et les renvoyaient ordinairement à leurs régiments; mais les citoyens paisibles, et surtout les ecclésiastiques suspects étaient indignement maltraités; les capitulations avec les confédérés rarement observées , presque toujours violées ; ceux des confédérés qui devenaient leurs prisonniers de guerre se trouvaient heureux quand on leur tranchait tout de suite la tête sans les torturer; un grand nombre d'entr'eux, épuisé par des privations continuelles, fut dirigé vers la Sibérie pour n'en revenir jamais, et de ceux quils laissaient dans leur pays, un grand nombre fut estropié, on leur coupait les mains et les pieds On voyait encore, bien des années après, des victimes cbu-^ vertes de cicatrices , mutilées, privées de leurs membres : souvenirs de l'abominable barbarie, dont s'était souillé Drévitch, homme dont le nom, même aux yeux du roi , devait servir d'épouvante. Une fois, Tex-chancelier Zamoîski étant parti pour une nouvelle campagne, le bruit s'était répandu qu'il voulait tomber dans les mains des confédérés pour embrasser leur cause. Le roi, effrayé, conservant de Faversion pour les confédérés et sympathisant avec la Russie écrivit à l'ex-chancelier une lettre anonyme, dans laquelle il le menaçait de la fureur de Drévitch ; il lui fit en même temps observer que parmi les confédérés il ne serait qu'un subordonné et par ces motifs il pensait le ramener à la raison. Appréciant le service que Drévitch avait rendu à sa cause et à l'impératrice, il voulait le récompenser en le décorant de l'ordre de Saint-Stanislav qu'il avait institué lui-même; et il le lui aurait donné si Joachim Chreptovicz , ayant eu connaissance de ce projet , n'eut rapporté

50 CONFËIKÈRATION.

sa propre décoration, et n'eut déclaré que, si le roi exécutait ce dessein, tous les autres viendraient lui remettre les leurs.

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