Confédération de Bar ; mission du sénat
En attendant , les Russes renforçaient le nombre de leurs troupes dans ce pays, sans étendre cependant leurs cantonnements vers la frontière de la Turquie, pour ne pas lui faire ombrage. Cette précaution russe favorisa Texécution des projets des patriotes plus ardents, plus impatientés. Le nom de Pulaski y brille au premier rang. Le vieux Pulaski alluma Fembrasement et son fils Tillustra; le père donna l'exemple du dévouement , le fils inspira l'action et l'héroïsme (20) .Pulaski, avec toute sa famille, se rendit en Podolie.
(20) Joseph Pulaski, dans sa Jeunesse, montra de Tardeur pour la liberté de son pays; dans les guerres occasionnées par Télection de Stanislav Leszczinski, il ayait levé et conduit a?ec gloire un corps de 400 hommes. Depuis il embrassa la profession d'avocat dans les grands tribunaux ; il y dirigeait les affaires des Gzartoryski ; mais après quelques années, il avait rompu désagréablement avec eux. Sa fortune étant chargée de dettes et de procès, il plaida ses propres causes detant les tribunaux, et il pensait que la justice et Téloquence dans les républiques les plus corrompues, sont préférables à toutes les brigues et à toutes les protections des grands qui outragent la loi. Ses ennemis et ses amis considéraient sous différents points de vue son habileté dans les détours de la jurisprudence. Toute sa vie il avait enduré les railleries publiques sur son peu de courage, n*en marquant jamais de ressentiment, nantie premier de ces injures qui étaient passées en plaisanteries ; espèce de cynisme que ses amis expliquaient en disant que formé sur les mœurs antiques, il avait un grand dédain des injures particulières ; que cette vertu sj inconnue de nos jours est une des plus nécessaires au maintien des républiques. Ils disaient qu'un homme assez violent pour s'emporter à
Là , le 29 février 1768, lui Joseph Puiaski, staroste de Varka, ses trois fils et son neveu , François Potocki, palatin de Kiiov, Michel Krasinski, podkomorzy de Rozao, frère de rëvèque et encore un citoyen , jetèrent les fondements de la fameuse confédération de Bar, dont Michel Krasinski fut nommé maréchal-général. L'évèque de Kamieniec parut un instant mécontent et désolé de la formation précoce de cette confédération , mais il y accéda et agit dès-lors plus activement encore auprès des cours étrangères. La Pologne se vit donc de nouveau ébranlée et soulevée. Quoique cela fut prévu cependant Repnine en donna avis à sa souveraine et demanda ses ordres ; il força en même temps par des menaces, le roi et quelques sénateurs se trouvant dans la capitale > de deman-^ der rintervention de Fimpératrice. Mais quand le sénat fut convoqué, il approuva ceux qui s'y opposaient et délégua André Mokronoski vers les confédérés. Cette mission autorisa Texistence delà confédération;mais les confédérés uepensaientpasà se concerter'avec le délégué. Mokronoski, témoin de la ferveur
des Injures et i des menaces, n'inspirait k ce rertneui citoyen qa*an senlinaentde piiié, et qu*ii disait traDqaliiement : « C*est un fou ! » H avait 62 ans lorsqu'il entra en relation avec les évéqnes Soltik et Krasinski, leur servit d'intermédiaire dans leurs intimes communications et se sentit enflammé d'un sentiment qui éveilla dans son âme le courage d'un héros et des ressources inépuisables pour de grandes actions. Repnine qui commença & le regarder de mauvais œil, fît un jour le mouvement de le frapper, parce que cet ambassadeur s' étant couvert en lui parlant, Pulaski au même instant s'était aussi couvert. Pulask] jusque là insensible aux injures, conserva de celle-ci un ressentiment prorond. Les outrages et l'oppression dont il continua d'être témoin lui donnèrent plus d'indignation et d'impatience. Pulaski emmena avec lui trois fils et son neveu. Il les conduisit dans une de se$ terres, à^quelqves lieues de Varsovie. Ce fut là que, malgré leur extrême jeunesse* il leur confia son dessein; il fixa leurs yeux sur celte perspective de gloire réservée aux libérateurs des nations. Mais il ne leur dissimula pas les malheurs qui attendent ceux qui échouent dans ces grandes entreprises, et l'ingratitude des hommes envers les infortunés vengeurs de l'humanité. Il y dit les derniers adieux à son épouse, qui consacra courageusement sa famille entière au service de la patrie (voy. Rulhiercs, anarchie de PoL).
et de Fembrasement qui s'étendait {>ar une confédération formée dans les environs de Halicz, sous le chef Joachim Potocki,échansoQ de Lituanie, par une autre de Lublin, retonrna à Varsovie, prit congé du roi, et alla de son propre mouvement à Paris pour y faire tout ce qui était possible en faveur du soulèvement.