‹ Histoire de PologneChapitre 252 sur 369 · MAZOYIB · texte numérisé non relu

MAZOYIB

EnGn, après avoir fait le tour dans les provinces qui tou" chent aux frontières de l'état, nous entrons dans la province centrale de la république , dans celle de Mazovie. On dit, en Pologne, qu'un astre opaque luit sur son horizon obscur , que les Mazoviens naissent aveugles ; on ne leur épargne point les épithètes d'obstinés, de méchants, sans qu'ils s'en offensent. Le fait est que leur esprit se distingue singulièrement et révèle quelque chose de saillant qui choque leurs confrères. On pourrait peut-être débrouiller l'origine de cette prédisposition locale dans la positron reculée, dans l'influence des idées occidentales, dans des relations anciennes avec des peuplades lécbltes, et dans la longue séparation du duché de Mazovie. En suivant les événements, on est cependant forcé de modifier l'opinion plaisante et exagérée qu'on a d'eux. On les voit pleins de préventions dans leurs idées , crédules dans ce qui ne les contrarie pas, méfiants dans ce qui ne s'accorde pas avec leurs conceptions, plus persistants qu'opiniâtres ou inflexibles, plus rancuniers qu'implacables ou vindicatifs ; toujours difficiles , mais plutôt résistants que fermes. Si on les accusait autrefois d'être sauvages, timides, ils sont cependant pleins d'urbanité , déliés dans leurs manières , éminemment sociables, sincères et constants. Les deux nations, se heurtant contre leurs frontières, choisirent la capitale de Mazovie pour le point de réunion, se confièrent avec sécurité à la bonne foi des Mazoviens. Ces derniers, sans apprécier la grandeur du cadeau qui leur était offert par leurs confrères , et continuant de jouir de la prépondérance que leur donnait leur population nobiliaire , se disséminant dans toute la république, prirent, sans le savoir, un ascendant immense sur toutes les affaires. La diète, définitive-

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