IV. PERTURBATIONS. Î
en jour plus hautain, plus menaçant/plus insultant. VladislavIV pensa à rapprocher les esprits et convoqua, en 1645 ; un colloque, colloqtiium chariiativutn, à Thorne. Le ton insolent y fit connaître que la religion catholique était dominante et exigeait l'abjuration de toute autre doctrine. Au sénat, il n'y avait plus de dissidents (324).
1 18. LA PÉRIODE DE LA lUÉGADENCE OFFRE UNE LUTTE AVEC DES PRINCIPES ÉTRAUfGERS.
Toute la période précédente nous présente le retour du principe slave et le développement progressif de la nation , bien que modifié par la civilisation du siècle. Il ne se laisse point séduire ; rien n'ose résister, tout lui cède. C'est le progrès de l'élément de la grandeur de Tétat, et le progrès de sa plus haute félicité. Dans la période de la décadence de la Pologne qui va nous occuper; dés le commencement , un autre tableau se déroule devant nos yeux. C'est une collision, c'est un combat, c'est une rixe continuelle des éléments hétéro* gines radicalement opposés. Bon gré , mal gré , le principe national est engagé dans une lutte dangereuse avec des principes étrangers, que le concours des circonstances ramène dans le pays , et qu'on lui inflige importuné ment. Le génie national voulait soutenir l'indépendance de l'église nationale, demandait la réforme de sa discipline ; la politique ultramontainé lui apporte les décrets du concile de Trente et l'obéissance passive. L'inclination nationale à la tolérance s'efforce d'entretenir la paix entre les dissidents; cette politique étrangère suscite des protestations , fomente la perse* cution. Celle-là cherche au moins à établir une fraternité politique parmi les dissidents ; le luthéranisme allemand s'y oppose. La liberté nobiliaire protège toutes les doctrines; le jésuitisme étranger envenime les haines contre elle. L'orga-
(324) L'épuration du sénat fut presque consommée du temps de Sigismond IIÏ, Cum Sigismundo III, regni gabernationem aggrediente, maxima senatorum pars, nov» religioni dedita esset ; moriens, duos tantum palatmos, kalisiensem nimirum, et Belzensem, religionis dictae propugnatores in senatuipso Sigismundus III, relinqueret ( Cellarius, (léser. Pol. p. 111). La dernière épuration a eu lieu en 1669.
ai6 CONSIDÉRATIONS 1607—1795.
nisation de la république détache la question religieuse du civisme et de la politique; Tiofluence étrangère Tidentiâe. Tout cela partait d'en haut. C'est le roi pris à l'étranger, c'est le haut clergé , ce sont les seigneurs qui remuent ces éléments contraires. Ce que le sentiment national repousse avec répugnance et déteste, le roi, avec sa camarilla, avec ses courtisans, le recherche avec prédilection, le protège, le soulève. Le système dynastique qui a manqué de détruire la Léchie, désavoué par la nation , condamné par sa souveraine puissance, se voit rappelé par des idées étrangères qui maintiennent la république dans une continuelle inquiétude , et en font subir toutes les conséquences. Jadis , dans la période précédente, quelques cas extraordinaires ont agi contre le principe et l'intérêt de l'état parle népotisme royal; dans la période siir laquelle nous portons notre attention , la pensée dynastique s'occupe en tonte occasion de l'hérédité, du népotisme, du successeur (325). Le républicanisme national est en tout temps alarmé des projets, des petits efforts, do l'augmentation du pouvoir que l'idée monarchique étrangère alimente sans cesse, entratnantla cour dans des intrigues et des menées occultes. Le génie national a bien constitué la fraternité et l'égalité dans la classe civique, neutralisant ou nivelant tous les éléments aristocratiques ; ces éléments reprenant de la force, fonctionnent en sens inverse. Imbus d*idé'es étrangères, ils façonnent leur aristocratie sur le modèle étranger, s'entendent avec des étrangers et ouvrent à leur politique une influence illimitée. Le royalisme, l'aristocratie , la haute hiérarchie sont des éléments étrangers à la république, contraires et ennemis de ses principes. Dans la période précédente, tout présentait un progrès; dans celle de la décadence, tout va dé-
(325) Le droit d'hérédité de Vasas, fatigua et épuisa la république depuis 156Î jusqu'à 1660, pendant 68 ans. Le népotisme fit perdre la Prusse du temps des lagellons , il rembrunit et troubla les règnes de Sobieski et des Saxons, bien que les élections n'ont occasionné que treize années de troubles ou de guerres (comme l'observe Sismonde de Sismondi), mais la question des successions étrangères, attachée aux chefs élus, inquiéta tous les règnes de la dernière période , à l'exception des règnes très-courts de Vladislav IV et de Michel.