BOPHIT DB IJÉOIffiLATION
Le bon sens national, sulrant son sentiment, a dit en 1552 , 1563, 1565, 1568, par l'organe de Sîgîsmond-Auguste et des diètes, que les anciens décrets iagellons contre les hérétiques, quoique insérés dans le volume de commune ou code législatif, n'ont aucune râleur , aucune force, qu'ils n'obligeaient que momentanément, leur nature n'étant qu'éphémère; et aucune voîx postérieure n'osa s'élever contre cette opinion une fois établie. A la même époque du rapprochement définitif de deux nations, il était dit que les temps étant changés comme les motifs de la loi et les décrets intempestifs, la religion ne pouvait plus entraver la jouissance du droit civique. Aussi , vers la fin du règne de Sigismond-Augustc , ne comptait-on dans le sénat que deux sénateurs laïques qui professaient la religion catholique (3^) sans que cela blessât l'opinion de la nation entièrement catholique, qui voyait que celle déférence pour toutes les opinions qui végétaient depuis long-temps et qui pullulaient tout nouvellement, assurait la tranquillilé de Tétat, employait des hommes capables à son service, décidait l'union intime des populations et des provmces. L'esprit de la législation admit donc de fait cette maxime que la religion ne pouvait empêcher la jouissance pleine et entière des prérogagatives civiques (*). La confédération de Varsovie qui , en
(320) Constantin Ostrogski (dont la maison protesta en 1595 contre riinion de Brze-c) était hautement schismatique en 1522, lorsqu'il occupait toutes les grandes dignités comme hetraan et sénateur palatin de Troki. Pac, évéque de Kiiov, devenu luthérien, dépossédé en 1566 de l'évéché, à rinstigalion de la cour de Rome, resta dans le sénat comme castellan de Mscislav. Encore, Sigîsmond III admis dans le sénat le podkomorzy de Krakovie, Cikovski, socinien. Je donne ces quelques exemples trop notoires, tirés de la multitude des autres, qui furent la conséquence de mesure générale.
(*) C'est pourquoi les dissidents en 163-2 , conformément à l'usage et au droit, demandaient d'insérer dans le serment royal : sine discrimine religionis digno;3 et bene mérites ad honores, dignitates et bénéficia reipublicœ admittam , recipiam et promovebo (Jos. Lukaszevicz, hist. des églises helvet. en Litvanie, 1. 1, p. 186.
•214 i:0NSU>KttATIONS, 1607— 1795 .
1573, assura la paix aux dissideots, malgré quelques réclamations, fut cependant considérée tonjenrs comme irrévocable, comme une loi positive, et jamais, malgré le changement du système, elle ne fut appelée éphémère. Iie2)on sens national, malgré tout égarement du sentiment, n'osa s'élever contre son ouvrage. Cependant , depuis raSaire de Guzov » la marche des choses prit décidément le chemin opposé. La législation peut être considérée comme stationnaire , mais revenant sur maintes anciennes dispositions, elle se fait leur interprète, elle tient un autre langage , et elle s'occupe plus que jamais de religion. Les protestations de zélés catholiques se multiplient sans fin à la suite de celles des évéques (321). Les dissidents déposent leurs griefs sans succès (322), On répond à leurs réclamations par des reproches : que leur doctrine est nouvelle, arrivée de l'étranger; on les repousse par des menaces , que la république ne les souffre qu'autant qu'ils se montreront sans prétention , et qu'elle saura les réprimer et s'assurer delà tranquillité (323). Oe langagedevenaitdejour
(321) Salvis juribus catholicae romanae ecclesiae ; excepte articulo confederationis dissidentium.
(322) « Nous sommes des enfants dévoués à la république, » dit alors à la diète , un des schismatiques , répondant aux reproches de Sigismond TII , « mais pouvons-nous marcher contre des ennemis extérieurs, étant persécutés par ceux que nous avons dans le pays, et par l'union cruelle (de Brzesc) qui nous prive du bien être civil et de la paix de rame. Partout , nos temples sont fermés, les prêtres exilés, les biens de l'église spoliés ; on ne baptise plus les enfants, on ne confesse plus les mourants, on n'enterre plus les morts, o& jette leurs corps dans les champs, comme des animaux immondes. Tous ceux qui n'ont pas trahi la foi de leurs pères , sont éloignés des fonctions publiques ; notre orthodoxie est un crime ; la loi ne nous protège pas, nos cris ne sont pas entendus ! »
(323) « Comment les dissidents peuvent-ils se plaindre contre les défirels des tribunaux, » disait en 1648, à la diète de convocation. Bal- 1 hazar Sarbievski, juge terrestre de Cieohanov en Mazovie, « si euxitiénies s'assemblent dans le jardin de Radzivill , dans la capitale même* blasphèment la sainte église catholique, bien qu'il leur est défendu, ^wir la loi fondamentale du duché de Mazovie, de se trouver dans les lirnîh^s do Mazovie.