IV. PERTURBATIONS. 2iy
peuple nobiliaire comme d'one machine qui ne fonctionnait pas toujours à leur aise, mais qui rendait des services émioents dans leurs yues particulières. L'aristocratie des provinces nouvelles fraternisait enfin comme nous l'avons vu , avec Té* galité nobiliaire et semblait abjurer ses prérogatives, mais ses prétentions reparurent sous d'autres formes et ranimèrent le mouvement aristocratique dans toute la république. La réapparition de l'aristocratie plus active , part effectivement des nouvelles provinces. C'était, pour les aristocrates, se faire un honneur populaire que de prouver par des généalogies , par des ouvrages héraldiques, qu'ils avaient abandonné les titres princiers; mais on faisait remarquer qu'ils étaient en droit , par l'acte de l'union de Lublin , de les prendre (328). Les Radzivill et Oslrogski établirent enLitvanie et dans les terres russiennes desmajorats en i579 et 1618 (329). Les Radzivill étaient aussi, par l'acte de l'union, autorisés à jouir du titre de prince,quiétait le titre del'empire, un titre étranger (330), et ils recherchaient des alliances avec les maisons réputées souveraines (331). L'ambition de l'aristocratie se porta à cette époque au -dehors du pays en y cherchant la domination et la fortune. Lesdeux ValachiesetMoskou furent envahies; là, elle s'aventurait et courait en désordre le champ de l'émulation. En Pologne, c'était aussi se faire honneur populaire que de refuser les titres étrangers. Cependant les ambitieux, particulièrement plusieurs des nouveaux parvenus , s'empressèrent de suivre les traces de leurs frères puînés : majorats , titres y mariages diplomatiques; reparurent dans la couronne,
(328) Les ouvrages héraldiques , particulièrement celui d'Okolski (orbis polonus), nommaient un nombre considérable de ces noms exprinciers : Koribat, Koriat» Koszerski, Korecki, Lubar, Lukomiski, Massalski, Prunski, Prus, Zienievicz, Zbarazski.
(329) Le majorât ordinacia de Radzivill, fondé en 1579, était d'Olyka, de Niesviez, de Mir, de KJeck ; le majorât d'Ostrogski , en 1618; était d'Ostrog et de Dtibno.
(330) Acqui en 1515 et 1518.
(331) Le prince Jean Radzivill de Birze, épousa, en 1613, Elisabeth Sophie, fille de Jean Georges, électeur de Brandeburg. Les Visnioviecki s'allièrent avec les Mohila, princes de Moldavie ; Zamotski avec Batori, prince do Transilvanie, Hc^'tc.
218 • CONSIDÉRATIONS. 1607--n95.
Sigismond III désorganise impunément la république , suit une diplomatie inique , prépare, par ses propres démarches , des malheurs plus graves. Sou fils, Viadislar IV , plus raison^ nable, plus tolérant, plus polonais, adoucit un instant le mal , et allait être entraîné dans de semblables détours , contraires à l'esprit national, lorsqu'il rencontra inopinément une résistance et fut forcé d'interrompre ses projets. La mort lé délivra des reproches et des malédictions qui suivirent le glorieux règne de son père. La république, bien qu'elle montre peu de vigueurdans l'espace de ces quarante ans, réprouve cependant la conduite royale, et dévoile ce triste désaccord qui existait entre elle et son chef.