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l'aristocratie reprend position

Le roi de Pologne, disaient les Polonais , est comme celui des mouches à miel : il n'a point d'aiguillon et ne peut faire de mal à ses sujets, mais il peut faire beaucoup de bien , parce que les évêchés, les abbayes et toutes les dignités séculières , des palatins, sénateurs , chanceliers , starostes , généraux , les < premières charges de la guerre, des finances, de la justice et de la police, sont à sa nomination, et qu'il y pourvoit selon sa volonté ( 327 ). Cette énumération décèle sous quel point de vue on considérait ce bien et qui en avait tout l'avantage. C'était Taristocratie seule, l'aristocratie factice qui en profitait. On croirait qu'elle a fait un pacte avec la royauté et qu'elle marchait d'accord , mais son égoïsme et sa turbulence, enfin , l'organisation populaire de la noblesse, empêchaient l'alliance intime ; toutefois, entre l'égoïsme royal et Tégoîsme aristocratique, existait un pacte contraire à l'esprit national, chacun tirait sa corde, se rapprochait ou s'éloignait , marchait d'accord ou guerroyait , exploitant sans cesse l'état, se servant du

dus, et contre les secours qu'il donnait à la maison d'Autriche ; contre les intrigues de cette maison qu'il protégeait; de ce qu'il a donné l'évéché de Varmie à son fils qui n'avait que 9 ans ; qu'il a acheté pour son compte les starosties de Zy viec, disposa d'autres starosties en faveur de la reine. La proposition faite en 1626, de nommer de son vivant un successeur, révolta le sentiment de l'assemblée législative.

(327) Laboureur, voyage deGuébriant en 1614, vol. II, p. 10.

peuple Bobiliaire comme d'one machine qui ne fonctionnait pas toujours à leur aise, mais qui rendait des services émioents dans leurs vues particulières. L'aristocratie des provinces nouvelles fraternisait enfin comme noos l'avons vu , avec l*égalité nobiliaire et semblait abjarer ses prérogatives, mais ses prétentions reparurent sous d'autres formes et ranimèrent le mouvement aristocratique dans toute la république. La réapparition de l'aristocratie plus active , part effectivement des nouvelles provinces. C'était, pour les aristocrates, se faire un honneur populaire que de prouver par des généalogies , par des ouvrages héraldiques, qu'ils avaient abandonné les titres princiers ; mais on faisait remarquer qu'ils étaient en droit , par l'acte de l'union de Lublin , de les prendre (328). Les Radzivill et Ostrogski établirent en Lîtvanie et dans les terres russiennes desmajorats en i579 et 1618 (329). Les Radzivill étaient aussi, par l'acte de l'union, autorisés à jouir du titre de prince, qui était le titre de l'empire, un titre étranger (330), et ils recherchaient des alliances avec les maisons réputées souveraines (331). L'ambition de l'aristocratie se porta à cette époque au -dehors du pays en y cherchant la domination et la fortune. LesdeoxValachiesetMoskou furent euvahies; là, elle s'aventurait et courait en désordre le champ de l'émulation. En Pologne, c'était aussi se faire honneur populaire que de refuser les titres étrangers. Cependant les ambitieux, particulièrement plusieurs des nouveaux parvenus , s'empressèrent de suivre les traces de leurs frères puînés : majorats , titres y mariages diplomatiques; reparurent dans la couronne,

(328) Les ouvrages héraldiques , particulièrement celui d'Okolski (orbis polonus), nommaient un nombre considérable de oes noms exprinciers : Koribut, Koriat, Koszerski, Korecki, Lubar, Lukomlski, Massalski, Pnmski, Prus, Zienievicz, Zbarazski.

(329) Le majorât ordinacia de Radzivill, fondé ea 1579, était d'Olyka, de Niesviez, de Mir, de Kledk ; le majorât d'Ostrogski , en 1618; était d'Ostrog et de Dubno.

(330) Acqui en 1515 et 1518.

(331) Le prince Jean Radzivill de Rirze, épousa, en 1613, Elisabeth Sophie, fille de Jean Georges, électeur de Brandeburg. Les Visnioviecki s'allièrent avec les Mohila, princes de Molda\ ie ; Zamoïski avec Batori, prince de Tiansilvanie, etc., ^tc.

Sîgismond Ili désorganise impunément la république , suit une diplomatie inique , prépare, par ses propres démarches , des malheurs plus graves. Sou fils, Yladislar IV , plus raison-* nable, plus tolérant, plus polonais, adoucit un instant le mal , et allait être entraîné dans de semblables détours , contraires à l'esprit national, lorsqu'il rencontra inopinément une résistance et fut forcé d'interrompre ses projets. La mort le délivra des reproches et des malédictions qui aui^irent le glorieux règne de son père. La république, bien qu'elle montre peu de vigueurdans l'espace de ces quarante ansy réprouve cependant la conduite royale, et dévoile ce triste désaccord' qui existait entre elle et son chef.

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