OPULENCE ET PUISSANCE DES ARISTOCRATES
j» Nous ne voulons point plus de pays , disaient-ils , nous ne voulons point un roi trop puissant, ni môme trop vaillant , ni trop sage ; nous voulons qu'il soit libéral et magnifique comme nous; notre terre est la meilleure du monde, et parce qu'elle ne peut jamais manquer, nous vivons mieux dans le désordre que dans l'ordre , et si nous sommes mauvais ménagers, nous ne pouvons craindre de nous ruiner à cause de nos privilèges; tant s'en faut, nous sommes d'humeur à ne nous enquêter jamais de nos affaires. Nous vivons du présent , nous n'appréhendonb point le futur ; les biens ne sont rien qu'un accident, sujet à toutes sortes de révolutions : mais la noblesse est éternelle , c'est la richesse et la force de nos pays , et quiconque sera soigneux de la conserver , la relèvera s'il veut faire des
I Ossolinski s'énorguellissait d'être forcé de renoncer en 1637 au titre de prince que lui offrirent les électeurs de l'empire, mais il s'arrogeait celui de comte comme héritier des biens de Tenczinski, dont la maison allait s'éteindre en 1634, jouissant du titre de comte. Un Sapiéha de cette époque, Stanislav Jean, mort en 1635; refusa le titre princier que l'empereur Ferdinand II lui offrait; mais l'autre Sapiéha, Nicolas, palatin de Vilna, mort en 1609, accepta de l'empereur Maximilien II. celui de comte, qu'il attacha à ses possessions de Koden. Zamoïski, Myszkovski, Mniszech, furent des noms nouveaux, des parvenus. Zamoïski établit le majorât de Zamosc en 1589 ; les Myszkovski, le leur, en 1601, à Pinczov, et ils prirent le titre ridicule de marquis, que leprincipuscule de Mantou leur accorda. Mniszech entreprit de conquérir le trône des tzars. Comme les Radzivill se décorèrent du titre princier de l'empire , aussi, en 1547, Lubomirski en obtint un pareil de l'empereur Ferdinand III, cette dernière acquisition éveilla et révolta la noblesse.