‹ Histoire de PologneChapitre 273 sur 369 · IV. PERTURBATIONS. m · texte numérisé non relu

IV. PERTURBATIONS. m

Actions dignes de sa naissance (333). d Aussi , se regardaientils comme chefs de la noblesse, et ils l'étaient effectivement. Us ayaient un nombreux entourage » composé de la jeunesse noble, qu'ils entretenaient à leurs frais (33i) ; ils comptaient grand nombre de clients, de protégés , et ils entretenaient des régiments de parade et bien armés. Leur luxe, leur faste , étaient inexprimables, a J'entreprends de décrire une chose dont je ne puis faire qu'une peinture morte , dit un voyageur de la cour de France, eu retraçant ce qu'il a vu en Pologne , et que je ne saurais me vanter d'avojr bien vue , puisque j'en fus ébloui. Quoique l'entrée ait duré huit heures, ce ne fut qu'un éclair pour nous , étant impossible de pouvoir particulièrement distinguer l'ordre, les habits précieux et les magnifiques caparaçons des chevaux des seigneurs polonais. » Cependant cette réception n'était composée que de la cavalcade de trois évéques et d'un Radzivill, qui n'étaient pas des plus opulents. Et lorsque ce voyageur entre dans Tintérieur de la maison : er L'Italie, dit-il , que nous avons vue depuis , n'a rien de si pompeux, ni qui tient plus du grand prince. J'avoue que je fus ébloui et que je crus avoir été transporté en songe dans un palais enchanté'(335]. jo S'ils se ruinaient, ces opulents, la république était là pour les relever. Ses dépouilles étaient à leur disposition ; les hautes dignités, les starosties leur assuraient des revenus qui compensaient les pertes et rétablissaient leur fortune délabrée. Cette manière de soutenir leur hauteur était plus convenable que les majorats ou autres moyens étrangers. Cependant leur ambition , leur inclination se plaçaient sur un point extra -nobiliaire , extra-légal; les allures de plusieurs prenaient une tournure étrangère ; ifs sortaient du cercle national, ils s'installaient en une classe plus élevée, prédominante, qui se distinguait et méprisait les institutions civiques. « La grande noblesse peut trancher de souveraine dans les villes de sa dépendance. Les seigneurs

(333) Laboureur, voyage de Guebriant en 1644, vol. II, p. 113,

(334) Kazanovski, qui n'était point des plus riches, en avait 200, habillés de satin jaune avec la veste de satin bleu, c'était leur uniforme (Laboureur, voyage de Guebr., vol. II, p. 53).

(335) Labour, tbtd., vol. I, p. 141, 210.

peuvent avoir troupes» gardes» places-fortes» commerce arec les princes étrangers , résidant à la cour de leur propre roi , avec lequel ils traitent en audiences. Ce qui a fait nommer le roi de Pologne, le roi des rois (336). d Et ces rois nombreux allaient non-seulement contracter des mariages à Tètranger , mais s'arrogeaient le droit de traiter en puissance et de conclure des alliances &vec des puissances étrangères. Le peuple nobiliaire devait veiller à ses droits et combattre leurs prétentions» afin de sauver sa patrie.

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