‹ Histoire de PologneChapitre 283 sur 369 · IV. PERTURBATIONS · texte numérisé non relu

IV. PERTURBATIONS

se manifestait plus a£fk'eux en hiver. Un voyageur français de celte époque qui traversait en 1645, au mois de février , les villes principales de Mazovie, Mlava, Giechanov, Novemiasto, remarqua que ces trois lieux étaient des villes en Pologne » mais ils passeraient en France pour des villages , tant pour n'être pas clos, ni de murailles, ni de fossés , que parce que les maisons y sont sans ordre, en petit nombre , mal bâties et incommodes (bien qu'ils ne manquassent point de maisons en briques), et les habitants si pauvres qu'ils font pitié , car la plupart n'ont pas seulement d'habits , presque tous marchent nus-pieds , et si l'on entre dans leurs poêles, l'on y voit les enfants nus comme la main , au milieu des pourceaux , des poules, des chiens, des veaux , des chats et de toutes sortes d'animaux domestiques (349). Leur luxe, comme celui des paysans, ne faisait plus d'ombrage à l'ordre équestre. Le môme voyageur donne une idée plus triste delà Litvanie. « Si bien que ce pays, dit-il, se peut dire excellent pour les commodités de la vie ; toutefois, ce bonheur n*est presque que pour les nobles, car les paysans y sont encore plus misérables qu'en Pologne, et ne possèdent rien qu'un gentilhomme ne puisse prendre s'il lui agrée, d Si l'on se rappelle ce que j'ai pu dire du servage des paysans polonai5, à l'époque de l'union de Lublin, on comprendra que j'avais raison de répéter que la condition des paysans litvaniens fut plus dure que celle des paysans en Pologne, et comme le sort de ces derniers s'empirait de jour en jour par l'impulsion de la civilisation , il est évident que l'union des deux pays ne pouvait plus offrir d'amélioration pour la population opprimée , mais devait plutôt empirer son état et aggraver son asservissement. C'est ce que les événements prouvent, et c'est ce qui va nous occuper.

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