‹ Histoire de PologneChapitre 285 sur 369 · IV. PERTURBATIONS · texte numérisé non relu

IV. PERTURBATIONS

blaient même vouloir' diminuer l'esclavage. La législation polonaise témoignait de l'horreur pour Tesclavage et montrait de la répugnance à en parler, bien qu'elle ne reniftt jamais l'esclayage éventuel des prisonniers de guerre ^ bien qu'elle Torgeât les chaînes à la classe laborieuse. Les statuts de Lit-, vanie sont plus francs et déterminent plus clairement l'esclavage et le servage. Le premier statut considère comme esclave, nievolnik : l.o le prisonnier de guerre ; a.^ le voleur condamné à être pendu, auquel on conserre la vie ; 3.o une femme mariée à un esclave et un homme marié à nne esclave, ainsi que l'homme suit la condition de sa femme. Le même statut dit que les enfants des prisonniers de guerre ne sont plus esclaves, mais de la classe servile, des sujets , poëdany , otczic ; quant aux enfants d'antres esclaves , il ne s'explique point et ne pense guère à étendre la protection de la loi sur ces esclaves , qui reproduiraient l'esclavage dans leur progéniture. La seconde et la troisième rédaction. ne conùaissctit plus l'esclavage de voleur rendu à la vie , ni l'esclavage de l'époux d'une esclave; par conséquent , elles ne connaissent que l'esclavage des prisonniers de guerre. Hormis ceux-ci , toute la population ignoble est libre, volnap ou non libre , sajette, nievolna,poddana. (352). Les subdivisions de ces deux portions sont bien variables, et chacune offre plusieurs gradations. Les bourgeois, les bolars et les hommes francs ; pochozi, sont libres. Bien que chez les bourgeois, l'égalité parfaite fût aussi bien établie que chez les nobles et qu'ils eussent

(*) La traduction latine du premier statut porte : Illiberi ôont quatuor modis. Prifflo qui antiquitus suot illiberi* aut nascuntur ex illiberis. Secundo qui ex terris hostilibus ducuntur captivi. Tercio, dam eon* demnati ad mortem propter f urtum impetrantur et prestant se in illibortatem ei,cui sentenciati.fuerinUet is eis parcit, taies, etposteri eorum nascituri ex eis fiunt illiberi. Quarto, cum se ipsimet in illibertatem vendiderint, et qui liber existens, duxerit illiberam, is redditur iliiber et pueri eorum sexus utriusque ; eodem modo et moHer, si scienter nupserit illibero, redditur illibera et pueri eorum similiter (statut. IÔS9 • XI, 12. in Dzial. zbior prav litev. p. 361).

(352) Esclave, nievolnik; prisonnier de guerre, captif, ieniec (qui est saisi), braniec (qui est pris); serf, nievolny (qui manque de la liberté); serviteur, qui sert, qui est en service «luga; sujet poddany.

leur loi particulière comme en Pologne, saroir : la loi teu tonique, et que le statut déterminât les relations entre leur loi et les statuts : cependant la condition des bourgeois n'était pas égale partout. Ceux des grandes villes pouvaient mieux jouir de leur droit et se rapprochaient par certaines prérogatives de la classe nobiliaire {353) ; mais ceux des moindres villes et des bourgades royales ou seigneuriales furent réduits à une position bien triste qui ressemblait à celle des paysans. Les boïars portant l'ancienne appellation de la noblesse russienne, le titre de la haute noblesse moskovite , rappelaient leur ancienne éminence civique, déchue par l'invasion litva- Bîenne et les conquêtes de la famille Lu tu ver. Le conquérant leur laissa leur liberté personnelle et les terres qu'ils possédaient, en les privant du droit de citoyen ; il les partagea en deux rangs et les chargea d'un service militaire , en \e$ obérant en outre de chariage, de courriers et de certaines prestations et taxes. Le bofar d'un rang plus élevé s'appelait cuirassier, hoïar pancerny; celui du second rang, boîar coureur, hoïar putny, ohWgé au chariage et aux courses: Il y avait aussi des boïars tourains ou de remparts, poturemni, qui devaient la garde et le service des tours et des places-fortes (354).

<353) Les membres de magistrat de la capitale de Vilna sont annoblis par Texercice de leur haute fonction. D^autre& conditions et clauses annoblissaient des bourgeois dans les autres villes plus considérables. Les bourgeois étaient en possession paisible de biens fonciers. Et quid nobilis aut civis ( boyarin aho mesxcxaninj non habuerit in suis bonis kmethones, dit le statut de 1 529 titulo de re bellica et militari (II, 1 . in DziaLzbior prav litev. p. 170). On demanda en 1551 , que les bourgeois et les marchands (mieszcxanie % kupcy ) qui ont acheté les biens de la noblesse, ne se négligeassent dans le service militaire ( Pétitions de 1551, art. 23, dans Dzial zbior pravlitev, p. 447). Cette prérogative de la bourgeoisie mieux privilégiée, continua jusqu'à la chute de la Pologne ; surtout celle de Y^na jouit de cet honneur, la capitale de la Litvanie, sous le rapport du droit politique, étant à la hauteur d'autres capitales.

(354) Turma, tour, prison dans une tour, infundo dans des souter rains. Teremne, rempart que les ducs russiens avaient hors de Tenceinte de la ville, ou dans les campagnes, où ils s'airôtaient avec leur cour, pour se distraire ou pour prendre une attitude plus guerrière.

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