IV. PERTURBATIONS
Pour remédier au mal , la grande Pologue séTit encore en 1595 , par de nombreux règlements , qui qualifient de vagabonds et de vaut-rien » hultat , tous les kmetons » jardiniers et leurs enfants des deux sexes , s'ils osent abandonner leur domicile de leur propre volonté, ordonnent de les saisir, mettre aux fers et employer aux travaux forcés. La Mazovie , la Prusse en 1633 , acceptèrent cette mesure sauvage et tyrannique qui n'empêcha pas la croissance du mal. Quelques années après le rokosz, vers 1612 , une multitude de brigands, opriszki , obstruait les grands chemins et le pays raboteux. On eut recours à des moyens extrêmes. Dans un seul jour , le 19 mai en 1614, près de Biecz, on saisit et on fit pendre 120 brigands (377). Gependaut ces accidents , résultat du mécontentement et du désespoir, n'excitaient pas tant de craintes que les dispositions incertaines et plus explosibles de la population de rUkraïne, des kozaks , dispositions » qui pouvaient à tout moment se changer en une révolte dangereuse. — Le nom de kozaks, parut sous la domination Htvanienne; où, sur plusieurs point du pays, des brigands, des fugitifs, des exilés setéunissaient en communauté pour pratiquer la rapine. Les tatars les nommaient kozaks et appelaient leur concours dans des irruptions qu'ils entreprenaient. De semblables bandes de kozaks se trouvaient au Xiy« siècle en Podolie, sur le fleuve Jaïk en Asie, et dans la Litvanie même (378). Quand les pays russiens se repeuplèrent, ces bandes reculèrent vers le Dniepr, s'établirent sur les lies de ce fleuve, spécialement sur les ties moins accessibles, situées sous les cataractes poroM , et commencèrent à y avoir p|us de renommée dans le XVI siècle. Sigismond-le-vieux leur donnait une consistance utile. L'union de Lublin, incorporant l'Ukraine et ses stèpes, à la couronne, plaça tes kozaks , sous l'autorité immé-
(377) Relation de Stravinski en mss. n* 254 de la bibl. de Zaluski, p. 89. (Czacki surlalégisl. Pol. et litv., note 1407, t. II. p. 120).
(378) Stryikovski, sub anno 1339, 1355, p. 337 , 339 , Heidenstein, rer. Moscovit. p. 10. — Tartarorum exercitus ex fugitivis prœdonibus et exulibus, quos sua lingua Kozakosappellant, coUectis (Dlugos). Kozakorum nomen à Persis seu Turcis ortum est, qui sualingua publicarum viarum latrones kozakos vulgo appellant (Heidenstein p. 326).
354 CONSIMRATIONS, 1607— 1795.
diate de la Pologne et de sa noUesfie , qsi troureni la population aguerrie pensa d'abord à en tirer le «eillevr avantage. Etienne Batori » eoanéérant leur position ^nnne militaire « les arma et leur donna un£ organisation plus régulière, essayant d*y introdnire ono discipline nécessaire : mais en même temps en 187^, il fit décapiter leur chef Podkova* Sous Sigîsmond III ^ eonduits par Kosinski » ils excitèrent en id^ des tumultes qui fureoft réprimés sur le champ par Tactirité de Jean Ostrogski fui dtspersap lusieurs milliers de révoltés. Bientèt en i596 pour comprimer un autre de leurs chefo NaléTalko, il fallait enroyer une force armée » sous le commandement de StanislsT Zolkierski : encore y reçut-il un échec: enfin il les enferma en un lieu et les contraignit de lui Itrrer leur général , arec quatre de ses officiers principaux qui portèrent leurs tètes à la cour de YarsoTle; NalcTaïko périt par rinsomnie (379). La noUesse pour comprimer les k<»aks^ institua ea 1607» une juridiction particulière contre eux» et se référant à des règlements précédents, savoir de ldâ9» 1590» 1601» mit en vigueur en 1607 L'ancienne confédération ( de 1438 ) » qui oblige tous les indigènes possédant les biens foo- «clers d'agir contre ceux, et détruire tous ceux , qui » mécon* tents de la loi terrestre » exctt^aieot » au mépris de cette loi ^ne guerre ou oseraient propager les erreurs de Thérésle (380). Xeskozaks étaient l'objet de cette mesure; bien que non hérétiques mais non^catholiques, schismatiques» race guerroyante et nott^oble » qui excitait des guerres » donnait asile aux mécontents non^nobles» aux fugitifs» vagabonds» qui grossissaient .en nombre. Ces faits sont de la plus haute importance pour le destin delà Pologne; ils décèlent Tagitation populaire ; ils méritent nue considération plus particulière ; d'autant plus qu'ils offrentune confusion» qui demande desiéclaircissements ^ous différents point de vue.