‹ Histoire de PologneChapitre 308 sur 369 · LA CAUSE D0PBUPI»B BlBBrrOT AMORTIE · texte numérisé non relu

LA CAUSE D0PBUPI»B BlBBrrOT AMORTIE

I>c la part do Ghmielnicki et des fcozaks, tout a été favorable peur l'état, et l'harmonie parfaite- régnaU chez eux entre le chef et le peuple. Il n*y avait que rexas^éralion mutuelle de la noblesse et des kozàks , du rite latin et dn rite grec qui empêchait de part et d'autre tout accota et souleva des obstacles an détriment dn peuple. Le cri de lil>erté et de religion y traça bientôt les limites de J*ébran1ement. La religion fui le schisme béni par Mohila métrofM)Ntain de Kîiov ; et les kozaks inondant ie pays, où Tidrôme rnssien était parlé, où ils trouvèrent des cerkievs de leur orthodoxie , s'arfètent avec leur chef Chmielsicki , près de Zamosc snr la frontière de ridiôœe et du rite désuni. Bien que leur noble chef attendit le résultat de l'élection, on se demande v i^*il n'avait pas d'antres raisons pour ne pas s'aventorer plus avant snr le terrain de Tautre idiome et de Tantre rite. Dans leur passage, les kozaks détruisirent les temples des latins , ravagèrent , incendièrent les possessions de ceux-ci. Chmielnichi devail;-il étendre la désolation dans les provinces , où il n'y^avait plus que Tobjet de destraction ? pouvait il compter y avoir du succès, où tout était nécesseirementenaemi. Le peuple polonais fut bientôt désapointé , ses émotions se trouvèrent embarrassées et contrariées. Devait-il abjurer sa foi ponr la liberté ? il vit qu*il ne s'agissait point de lui, qu'il ét»t l'objet d'one a venion furieuse. Devait^il , par sa révolte eniammer la furenr de sm nîattres; lorsque aon culte était en batte au fanatisme des furieux. Ceox d'entre le penple potonais , qui , en désespérés prennent les armes, ne changent nullement cette fausse position; ils sont apostats, ils s*cxpatrient pour ainsi dire, ils sMneorporent dans la masse des kozaks et n'agissent plus que comme kozaks. Le malheureux peuple polonais , voyant la moitié de la république ébranlée , ne bougea point et aucune voix n'était assez puissante pour le soulever, telle a été la méfiance religieuse. Le noble Kostka Napierski, deux ans plus tard , s'établit en 1651, sur le versant occidental des Karpates aux environs de la capitale Krakovie , dans un château fort de Gzorsztin cl y proclama qu*il venait venger et délivrer le peuple de la tyrannie des nobles et des juifs; il assurait, qu*il

aurait des secours de la Hongrie et de la part de Chmielnick^ et il appelait le peuple à prendre les armes (392). Mais le peuple incrédule, reste inactif; Napierski est yictime de son ardeur et de son dévouement populaire. Remarquons encore que la révolte des kozaks, devait rester d'autant plus étrangère au peuple de l'idiùme polonais , qu'elle négligeait le peuple de l'idiome russien. Dans le traité deZborav, le 17 août 1649, les tatars se séparant des kozaks , insérèrent dans la paix qu'ils allaient conclure avec la république un article, qui garantissait aux kozaks et à Chmielnicki la grâce et les anciennes prérogatives (393). Les kozaks et Chmielnicki, concluant deux jours après leur convention , ne firent aucune mention du peuple appelé à l'insurrection. Les conditions convenues ne parlaient que des affaires de religion et de kozaks, d'enrôlement, de dignités et de la starostie de Czehrtn accordée à leur chef,hetman Chmielnicki. Le peuple insurgé» paysans et bourgeois , dans des provinces et domaines que l'ordre équestre ,que les magnats recouvraient, sont oubliés et délaissés à la merci de la noblesse , à sa vengeance , à son fouet impitoyable, à sa corde qui étranglait l'insubordination, à son couteau qui passait sur des gorges infortunées pour donner l'exemple et jeter la terreur. La question du peuple fut éloignée et mise de côté aussi bien par les kozaks , qu'elle était écartée par la noblesse. Le peuple de l'idiome russien et polonais vit clairement qu'il ne s'agissait que de la liberté et des prérogatives des kozaks. Le noble chef de cette milice, s'il comptait d'abord avec ses adhérents que la force des kozaks consiste dans le peuple , entraîné par l'inondation

(292) Se liberando k nobilitatis et judeorum tyraimide plebi venire invîoem. — Spemsibi auxiliorum à Chmielnicio et ex Hungaria luxisse (Pastor. bell. Scyth. Cosac. lib. II, p 208,214).

(393) L'article du traité des Tatars avec la république, concernant les kozaks, portait : « Le roi de Pologne, par affection pour le chan, fera grâce aux kozaks zaporoges et à Chmielnicki, pour leurs forfaits, dès qu'ils demanderont pardon et jureront fidélité au roi et à la repu bliqiie ; leur soumission sera reçue en présence des sénateurs : le nombre de leur rôle et les prérogatives seront réglées selon les anciennes dispositions (Pastor. lib. I, p. 70).

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