IV. PERTURBATIONS
tement les prérogatives des kozaks. Paul Polabalek » leur chef, bien qu'imposé arbitrairement par le tzar» mais fidèle à son devoir, adressa des paroles à jamais mémorables au tzarempereur, or Tu veux faire perdre ma patrie , tu te dis supérieur à la loi , tu méprises nos franchises que tu as juré d'cibserver tu nous imposes des taxes et des travaux ignominieux, tu nous envoies tes fonctionnaires, les boiars , qui ne connaissent pointnos institutions et nos lois, tu détruis les libeftéâ de la petite Russie. Je sais que des fers nf attendent, je sais que tu me feras périr de faim, comme c'est la manière de ton empire; mais je ne cesserai de défendre ma patrie, et je préfère mourir de la mort la plus cruelle que de voir la destruction de ma nation, o Le moment de la destruction totale n'était pas encore arrivé du temps de Polubatek , mais il se rapprochait. Depuis que la petite Russie et les kozaks sont séparés et cédés aux tzars par le traité d*Andruszov et par celui de Grzimultovski , les aflaires des kozaks sont en quelque manière étrangères à la république. Cependant , on ne peut pas les perdre de vue par différents motifs que les événements suivants justifieront, car c'est une portion bien considérable de la population, dont la perte, sapant les forces vitales de la républiquci ne cesse de reproduire les effets funestes de son malheureux sort. Avant leur extinction , les kozaks reparaissent encore sur la scène nationale; et leur nom reste pour le peuple russien, comme le mot de ralliement , le mot équivalent à celui de liberté. Kozak ou liberté sont l'expression synonime, qui électrise également l'âme du peuple. L'antique liberté rnssienne, concentrée dans les villes, y fut étouffée par Taggression dynastique du despotisme. Elle chercha à se réfugier dans là noblesse russiennepolonisée et dans la classe guerrière des kozaks. Dans le moment du grand embrasement, elle appela le peuple laborieux. Tous ces éléments ne
dans les iles du Borysthènes fut passé au fil de l'épée, sans distinction d'âge ni de sexe. La plupart des autres kozaks de l'Ukraine furent transportés sur les rives de la Baltique, et périrent de fatigue et de misère dans les travaux qu'on les força de faire pour la construction de Pétersbourg (Scherer., annales de la Petite-Russie, cité par-Garran de Coulon. Kech, sur l*ét<U de la Pol., III, 6).
ii86 CONSIDÉRATIONS. 1607—1795.
purent s'aceorder.La noblesse russienne fat trop faibieenvers sa puissante aristocratie. Les kozakff ne surent ni releter le peuple, ni monter à la hauteur de la noblesse dont l'esprit exclusif les cuntrariait. Mais ils arborèrent l'étendard national, ils animèrent le sentiment de la liberté, ils firent Tappel que le peuple comprend; ils créèrent une petite Russie , une Russie particulière, dont le génie russien , contraire à celui de la grande Russie du tzarat de Moskou, est saisi par ce dernier et traîné par lui i sa remorque. Ce dernier ne le lâche pas et s'efforce de macérer et de digérer cet aliment contraire à sa nature. C'est le travail des générations. — Mais ayant de signaler la destruction des kozaks , nous allons réfléchir sur le destin fatal des paysans en Pologne.