‹ Histoire de PologneChapitre 318 sur 369 · LB SERMENT DBS CONFÉDÉRÉES DE TISZOVGÉ RESTE SANS SUITE · texte numérisé non relu

LB SERMENT DBS CONFÉDÉRÉES DE TISZOVGÉ RESTE SANS SUITE

Dans le moment de la désolation extrême où la Pologne envahie sur tous les points par des étrangers , déchirée par ses enfants, nageait dans le sang, et s*écroulait à la lueur des flammes dévorant son existence ; lorsque tout à l'entour , se préparaît à fondre sur ses décombres pour les déblayer au profit de chacun; lorsqu'il n'y avait que de petits recoins , où, quelque peu de patriotes se confédéraient pour soulever leur patrie ruinée: alors, leur conscience, terrifiée par le spectacle du malheur, meurtrie par le remord des forfaits qui furent la cause de tant de calamités ; leur conscience dis-je , se repliant plus sincèrement dans son repentir et dans sa douleur, jura, jura solennellement devant l'autel de l'être suprême , de délivrer le peuple. C'est en 1625 , dans la cathédrale de Léopol , que le roi Jean Eazimir et tous les sénateurs quiy étaient présents , au nom de la nation confédérée pour le salut de la patrie, prononcèrent le famoux serment, dans le quel ils dirent , chacun et tous : a je vois avec la plus profonde douleur , que Dieu , juge suprême , accable mon pays depuis sept ans (1648-1656) du poids de tous les maux , pour venger l'oppression et le gémissement des plébéiens : ot , je promets, dès que la paix sera rétablie, de prendre, conjointement avec tous les ordres de la république , des mesu-

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Tes efficaces, pour que. le peuple de mon pays soit à l'abri de l'oppression et de la tyrannie (400). » Serinent futile, prononcé devantl'autel et devant Dieu, parle roi et par des hommes sans foi! Le roi, bien que brare et courageux, emporté dans ses émotions, vindicatif, se laissant diriger pa r ses passions; Ye roi, dont Tinconstance fut notoire , qui riait lorsque le monde fondait en pleurs , changeait d'avis et de vocation, dansait gaiment au milieu des tumultes et de la désolation; affectionnant peu son épouse , accordant ses faveurs au beau sexe , s'attachant avec la même confiance et la même cordialité à ses amis et à ses ennemis , trafiquant de sa conscience et de son sentiment : oublia bientôt ses promesses solennelles , aimant mieux donner dans les intrigues de sa femme, dans des projets d'un successeur au trône: comment pouvait-il attacher du prix aux vceux formés au moment du danger , lorsque le danger était passé I que pouvait-on espérer de l'ordre équestre et de son sénat ! A cette époque on aimait à répéter le proverbe latin devenu national : quel est le pasteur , tel est le troupeau ; tout le monde se conforme à l'exemple du roi (401). On se tracassait, on se divertissait, et chacun faisait son compte. La royauté préoccupée de ses petits bonheurs; les hauts fonctionnaires de leurs honneurs; l'ordre équestre de sa position exclusive et de sa toute puissance (vielmozni)» Le peuple fut oublié I cinquante ans vplus tard, lorsque de nouvelles calamités débordèrent sur la Pologne, le prédicateur jésuite Szirma, rappelait, que comme on a trompé le peuple par des promesses illusoires , aussi Dieu n'a pas retiré le glaive de sa colère ; les guerres , les invasions, la discorde tourmentent le pays. Mais c'était toujours en vain, qu'on s'adressait à l'ordre équestre , en faveur du peuple. Etourdi et entêté , il ne voyait rien, il n'entendait rien , qui put le tirer de son engourdissement. Stanislav Leszczinski , dans sa retraite auguste, plus philosophe que roi , toujours plein de réminiscence de son état républicain , élevait des cris , adressait des

(400) Kochovski, annal. Pol, climacter, II, p. 106. — Rudavstù.

(401) Qualis rex, talis grex ; ad régis exemplar , totus coraponttur orbis. — Iaki pasterz taka trzoda. — Iaki pan ; taki kram.

réflexions et cUbs réprimandes , effrayait par le danger (40^ , sans succès. Sa voix était trop éloignée. La voix des prédicateurs, de Bonaventure Gelarovski (en 1737), de Jean Zrzelski (en 1739) et d'autres ne réussit pas mieux sur des consciences endurcies contre le remords. La parole de Kurzeniecki (en 1752) était aussi infructueuse (4(^). Depuis deux siècles , dit enfin (en 1777) le piariste Vincent Skrzetuski , publlciste re* commandable , les diètes n'ont rien décidé sous ce rapport de rhumanité ; il semble même , qu'elles n'ont jamais pris en considération la question du peuple (404).

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