LA CORVÉE BT LES CHAKGBS DOMANIALES AGGRAVÉES
Je vois deuK causes principales qui firent augmenter excessivement le travailles redevances et la servitude des paysans; toutes les deux prennent leur origine dans l'avarice des seigneurs. La première est la répression d*esprit de turbulence et le châtiment ; l'autre la diminution de la population et l'apauvrissement général: les seigneurs cherchant à réparer les pertes quMls ont subies dans leursfortunes et à cultiver leur domaines avec moins de bras , qui leur restaient. L'antique système de coéquation servit dans cette opération pour base et le maximum d'oppression se consolida sur tous les points de la république. En Ukraïne on élevait tout aux chiffres de Pologne, on rapportait à des dénominations de l'idiome' polonais ; en Mazovie , on imitait la Lilvanie ou la grande Pologne; partout, les propriétaires, les starostes, les tenutaires, les baîleurs'se demandaient réciproquement à quelles charges étaient sujets leurs paysans et se croyaient en droit d'imposer les mômes sur les leurs. Si quelque part le paysan était redevable deux jours de corvée dans la semaine, on expliquait, que ces jours étant 46S jours d'attelage, ciongly , ils repondaient à quatre jours manuaires,pié$zt/ ; et comme le seigneur du domaine donnait à l'usage du paysan , l'attelage, deux bœufs , un cheval, comme l'objet appartenant au domaine , c'était «ne grâce du maitre s'il déterminait ces quatre jours en deux jours manuaires et seulement deux autres en jours d'attelage;
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avec Tattelage domanial. Partout un autre cliiffre ^ un autre compte se fixait. Le lecteur est prié de se rappeler ce que j*ai dit sur la marche progressive de la corvée et sur le nombre des jours que j'ai signalé d'après les témoignages contemporains et les sources historiques (405) , et il conversa dans l'énumération suivante des charges qui obèrent les paysans polonais 9 Ténormité de Taugmentation , et Ton sera convaincu avec moi que l'excès de l'oppression est d'une date assez récente » qui ne monte , que vers la moitié du XVII.« siècle (406). Si l'on m'objecte que la corvée et les charges que je vais énumérer, n'étaient pas élevées à un aussi haut degré dans maints endroits, particulièrement dans les domaines royaux: j'accepte volontiers cette observation, car c'est une preuve que dans maints endroits , et particulièrement dans les domaines royaux on n'est pas arrivé au maximum , mais je ferai observer que ce maximum, que je vais détailler est la mesure la plus générale et qu'elle n'est pas encore le maximum pour beaucoup de campagnes où il y a plus de corvées et de redevances. Dans des villages et hameaux , un paysan , possédant une demi-vloka , poUvlok , à trois jachères, etquelque part , une terre plus considérable^ un lan , cultivé en friche , doit chaque semaine , la corvée de trois jours avec attelage , ciongly^ et trois autres manuaires , pieszy . en tout six jours (407). Mais partout , il y a de la corvée extraordinaire , connue souvent sous des noms hideux de yiolence , gvali (appellation allemande gewalt) , ou de corvée gratuite , daremszezizna: son principal objet est d'accélérer
(405) Voyex ci-dessus chap. 84 , 92.
(406) Aussi je me rappelle d'avoir vu les chartes de la seconde moitié du XVir siècle, qui détaillent déjà les mêmes charges que je vais notifier.
(407) La corvée d'attelage, dzien eiongly est aussi appelée le jour de l'homme mènski; et la corvée manuaire , dzien piesxy , le jour de la femme, kohiécy: Par conséquent, le fauchage est pour la plupart compté dans la corvée d'attelage, tiongly, mènski. Le travail de battre le blé, est rarement compté au nonAre des jours d'attelage. — En Ukraine, on compte moins de jours par semaine, mais le jour de la charrue y demande l'attelage triple, le sol n'est remué et sillonné que par la force de trois paires de bœufs que le paysan doit nourrir.