‹ Histoire de PologneChapitre 322 sur 369 · TV. PERTURBATIONS · texte numérisé non relu

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la récolte , alors , tous les habitants des chaumières , capables ^e manier la faucille, hommes et femmes, doivent sortir pour couper le blé. Cette sortie générale, se nomme tlukaf où la foule , accumulation de la foule ; et il en a deux, trois , quatre et quelque fois plus dans la saison de la récolte. Dans beaucoup de domaines le mattre a le droit de recourir à des journées forcément louées, dont il détermine le prix, ou bien le prix étant fixé très bas par quelque pratique ancienne, il n''est réalisé que par des assignats au juif cabaretier , qui le reçoit pour la boisson et fait son compte avec le seigneur. Il ya encore, une corvée, une servitude pour les femmes et pour les hommes , dont toute la population communale est solidairement obligée : c'est le tour , koUi, pour servir chaque jour , dans la basse-cour , le bétail , la volaille ; l'autre servitude c'est la garde nocturne, stroza, réunie avec le chauffage des habitations domaniales. Enfin je ne dois pas oublier , qu'il y a ça et là ^ des obligations extraordinaires , comme de fîleuses, de p&tres, de coupe de bois , de charriage , réparation des chemins vicinaux ; et spécialement d'aller servir dans la cour et dans la basse-cour comme domestique ; le maître lui même en fait le choix et ordonne à un tel garçon , à une telle fille de servir (408). Outre cette corvée et ce différent service personnel , le paysan paie un cens, czirisz, pour la chaumière qu'il habite; il est redevable d'un certain nombre d'œufs , de chapons , de poules , d'oies ou de canards , selon les habitudes établies ; de chanvre , de lin , de laine , de certaines mesures de différents grains en semences; pour quelque liberté qu'il jouit dans les forêts, il doit fournir au seigqeur des noix, des fraises et d'autres baies, des fonges sèches et d'autres produits qu'il doit cueillir. S'il s'approche de son maître, ordinairement il vient avec un bouquet utile pour la cuisine ou la table du seigneur. Pour toutes ces fournitures ou cadeaux, le seigneur se montrait quelque fois magnanime en faisant donner on verre d'eau-de-vie ou de bière de sa fabrique, quelques lambeaux d'étoffe déchirés en forme de ruban , quelques médicaments , et quelquefois quelques

(408) Les domestiques de la cour, dworscy, de la basse-cour, czeladz haïduk, lokaï, kuchcik, chlopiec, stroz, parobek, dzievka, pastuch.

29i CONSIDÉRATIONS. 1607—1795.

liards* Lorsqu'on faisait chasser à la moisson toute Ta foule y tluka f c'est alors que la libéralité du mattre , pour prolonger et animer le travail la nuit tombante , faisait ouvrir des tonneaux de bière et d'eau-de-vie. Le jouroù la moisson va finir , le seigneur en est averti par le chant d*allé> gresse, mêlé d'un ton plaintif; on lui présente une courone d'épis et il donne une fô te champêtre , okrènzne, prodiguant les boissons : lui et toute sa famille, et son entourage , assistent et partagent cette réjouissance » dansent avec les paysans et par cet acte de familiarité , rendent hommage à la classe laborieuse.

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