IV. PERTURBATIONS
hommes du pays, doués d'un esprit plus ardent et dévoués à ia cause nationale , pensaient autrement ; au moins ils comptaient/trouver dans la masse du peuple les défenseurs du pays etde r ingrate république. Us étaient éblouis par la ferveur ciyi^e de. quelques grandes villes, antmées récemment par la formation de la représentation de la bourgeoisie ; mais ils éprouvèrent que ia même cause n'agitait point les paysans ac« coutumes à voir les seuls nobles chargés de la défense de l'état. KoseiuszkOy appelant les paysans aux armes dans ta province plus émouvable de Krakovie, céda aux clameurs delà noblesse et ne compta plus sur l'émotion spontanée du peuple, dés qu'il changea son premier poste de frcmlÂère , et se rapprocha du centre du pays. Le peuple resta calme spectateur, comptant sur l'avenir; placé, dans les rangs de l'armée nationale, il se montra fidèle à sa patrie sons les ordres de^ la noblesse. Après le démembrement définitif de la Pologne , la Russie établit r*esdavage dans la moitiée qu'elle incorpora dans son empire; dans l'autre moitié, les spoliateurs (^oclamaient la liberté aux paysans. S'ils ne se méfiaient, ilssernootraient au moins indifférents à oes paiffolei des étrangers. Les anciens poblicistes ne répétaient^ils pas c^'aucuoef .loi dans la répuUique n'a établi Tesdavage, ne. soutenaient-ils pas constamment que le peuple par son origine est libre? la constitution du 3 mai n'a-t-elle pas dit que tout homme en Pologne est libre? Toutes ces protestations sans suites étaient indifférentes pour le peuple qui chérissait sa patrie et se vouait à sa cause. Il fallait quelque autre chose, quelque autre élément plus efficace pour lui donner une existence indépendante et une activité plus utile au pays. Je ne relèverai point ici toutes les petites améliorations
de Coolon), que c'est sur tous ces petits lots de terre dont il est juste de reconnaître aux tenanciers l'entière propriété. Ces tenues aujourd'hui si chétives, deviendront alors une pépinière abondante d'agriculteurs intrépides et vertueux. On doit les abandonuer aux cultivateurs, franches de tous les droits seigneuriaux, qui» si long-temps ont étouffés Témiidation'dans les campagnes. L'abolition abselue de ces redevances, est la moindre indemnité qu'on dojvo aux serfe polonais pour lesinjustiees dont ils soUt victimes depuis tant de siècles, et les autres domaines dédommageront les grands propriétaires de ce sacrifice, lorsqu'ils seront cultivés par les mains libres. »
arrivées dans la conditioii des paysans depai» la chute de la Pologne, ni ce qui Ta détérioré , cela sort du cadre de mes coDsidéraHons qui se renferment dans l'existence de Tancienne Pologne. Mais je ferai remarquer que la nationalité des paysans polonais eat lasse des chicanes civilisatrices des Allemands; que les pensées des paysans lituaniens et russiens, sous le joug russe des tzars, se rapportent aux anciens temps de la république , où tout a été bien mieux au dire de leurs pères. Pénétrez au-delà du Dniepr dans le gouvernemeni de TdiernigOT (Gzerniechov) et vous y apprendrez par des traditions populaires» qu'il a été bien mieux aux cuUtTaleurs» qu'ils étaient heureux quand ces réglons faisaient partie de la Pologne* Sondez-y les descendants des kozaks , tous ne trouverez chez eux que des souvenirs tendres et douloureux de leurs anciennes relations avec la Pologne , des souvenirs qui rattachent l'origine de leurs franchises perdues à l'exis- »tence de Tancienne Pologne. Même dans l'abus, dans les violences, dans les excès et dans la tyrannie de la domination républicaine, il y a quelque chose qui n'est pas si odieux, si répugnant, si détestable, si dégradant pour l'humanité, que dans l'asservissement et l'esclavage sous un despote absolu. Le sentiment du peuple opprimé comprend cette différence.